VIH en France : les seniors pas épargnés!

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Plus d’un quart des personnes séropositives en France ont été diagnostiquées de façon trop tardive en 2017 et 2018, alerte Santé Publique France. Ce qui retarde la prise en charge et entrave la lutte contre la transmission du VIH. Et contre toute attente, leur rapport publié aujourd’hui, évoque les seniors, aussi touchés par le sida.

Le sida est encore bien réel en France. Alors que la Journée mondiale de lutte contre le sida approche (2 décembre 2018), Santé Publique France dresse un état des lieux sur l’évolution du virus. Des chiffres préoccupants. Entre janvier 2017 et septembre 2018, 28 % des personnes diagnostiquées se trouvaient à un stade avancé de l’infection. Une proportion qui n’a pas baissé depuis 2013, malgré le nombre de dépistages en laboratoire qui augmente. Et selon le rapport épidémiologique de Santé Publique France les personnes âgées de plus 50 ans ne sont pas épargnés et représentent à elles-seules 20 % des patients diagnostiqués en 2016.

Des chiffres qui soulignent l’importance du dépistage

En 2017-2018, 28 % des personnes diagnostiquées découvraient leur séropositivité à un stade avancé. Et 49 % d’entre elles n’avait jamais réalisé de dépistage auparavant. « Ces chiffres soulignent l’importance du dépistage du VIH, indispensable pour atteindre l’un des objectifs de la stratégie nationale de santé sexuelle », estime Santé Publique France. Pour réduire le délai entre la contamination et le diagnostic et assurer une mise sous traitement, le dépistage du VIH doit encore être intensifié, et particulièrement au sein des populations dîtes à risque. Santé Publique France évoque notamment les HSH et les migrants nés en Afrique subsaharienne. « Le traitement qui évite la transmission du VIH des personnes séropositives à leurs partenaires constitue un enjeu majeur pour contrôler l’épidémie », ajoute l’agence nationale de santé publique.

Un niveau de dépistage insuffisant chez les seniors

Si Santé Publique France n’est pas encore en mesure de fournir le nombre total de personnes ayant découvert leur infection en 2017, ils peuvent néanmoins évaluer le nombre de diagnostics en 2016 : le nombre est estimé à 6000 personnes. Et parmi elles, 1184 sont âgées de plus de 50 ans. Soit 20 % de l’ensemble des découvertes de l’année. Selon Santé Publique France, 48 % d’entre elles n’avait jamais effectué de dépistage avant la découverte de la maladie. Une part encore plus élevée que les 25 – 49 ans (42 %). Si les senior s’avèrent être moins touchés par le VIH que la population des 25-49 ans, leur taux n’est pas des moindres et révèle bien l’enjeu que représente le dépistage. « Le niveau de dépistage insuffisant chez les seniors peut être expliqué par une moindre perception du risque de contamination par le VIH, à la fois par les personnes elles-mêmes, mais également par les professionnels de santé, alors que l’exposition à l’infection persiste au-delà de 50 ans. Il est donc important que les actions de prévention incluent cette population », maintient Santé Publique France.