SOS, mon enfant ne parle plus !

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« Il a avalé sa langue ? », « Il boude ? », « C’est impoli de ne pas répondre ! ». Votre enfant est habituellement un moulin à paroles débordant de vie à la maison mais depuis peu, il se mure dans le silence dans certaines situations comme à l’école. Il pourrait bien souffrir du syndrome de mutisme sélectif. Mais de quoi s’agit-il exactement ? Et comment y remédier ? Tour d’horizon de ce trouble méconnu.

Souvent considéré comme une phobie sociale liée à l'anxiété, le mutisme sélectif se traduit par l'incapacité que certains enfants éprouvent à parler dans des situations précises et notamment en milieu collectif. On estime qu’environ 2% des enfants en seraient affectés. Dans la majorité des cas, les signes précurseurs surviennent avant l'âge de 5 ans. Ceci dit, il est fréquent que cette pathologie ne soit détectée que lors de la première rentrée scolaire.

Comment savoir si mon enfant souffre de mutisme sélectif ?

Le comportement de chaque enfant est unique, mais un ensemble de symptômes permet généralement d’évoquer ce trouble. La plupart des enfants souffrant de mutisme sélectif sont très à l'aise pour s'exprimer à la maison alors qu'ils en sont incapables à l'école ou en collectivité avec d'autres enfants. Lorsqu’ils sont incités à parler dans une situation qui leur procure de l'anxiété, ils auront tendance à baisser la tête et à rougir. Ils éviteront aussi soigneusement d'interagir avec les personnes présentes ou alors seulement en chuchotant à l’oreille de rares élus.

Des causes encore mal identifiées

Un choc psychologique peut être une des causes les plus évidentes de la survenue de mutisme chez votre enfant. Certains évènements marquants, voire traumatisants peuvent en effet être à l’origine de son silence. Mais d’autres causes sont plus difficiles à déceler et prennent du temps à être identifiées. Par exemple, un enfant qui ne parvient pas à exprimer ses sentiments comme il le souhaite pourrait choisir de se taire. Le silence lui apporte ici une forme de réconfort, une bulle protectrice. Très souvent, l’enfant lui-même ne sait pas d’où vient cette peur presque irrationnelle de prendre la parole.

Mais alors existe-t-il des solutions adaptées ?

La connaissance récente et limitée de ce trouble ne permet pas encore de proposer de traitement spécifique aujourd’hui. Thérapie familiale et soutien scolaire comptent parmi les solutions généralement proposées. Et lorsque le corps médical fait défaut, il n’est pas rare que la société civile s’empare de la question. C’est le cas de Valérie Marschall, maman d’un petit garçon qui a souffert de ce trouble – il en est guéri aujourd’hui – et fondatrice de l’association « Ouvrir la voix ». Elle vient en aide aux autres parents à travers différentes actions. Parmi elles, une méthode qui a fait ses preuves et dont le principe est simple : le père ou la mère doit passer du temps en classe avec son enfant. « Le but est d’utiliser le lieu, considéré comme anxiogène, comme base de travail ». Un exercice qui s’inscrit dans un Programme d’introduction progressive de la parole en milieu scolaire : le « Kit École ». Une approche graduelle qui aidera votre enfant à avancer pas à pas. Les techniques utilisées l’inciteront en douceur à parler davantage dans des situations sociales, tout en lui permettant de se sentir à l'aise et en sécurité. En effet, si votre enfant souffre de mutisme sélectif, il ne reparlera pas spontanément du jour au lendemain. Il aura besoin de réapprivoiser la prise de parole. Pour cela, il devra s’entraîner et reprendre progressivement confiance en lui jusqu’à ce que l’anxiété diminue.

Pour aller plus loin

Le site de l’association « Ouvrir la Voix ». Créé en 2008, elle prodigue des conseils et solutions adaptés aux familles et aux écoles qui rencontrent des enfants mutiques.

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