Quand consulter un sexologue ?Comment peut-il nous aider ?

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Il n’est pas toujours évident d’admettre que son couple fait face à un problème. Et tout particulièrement lorsqu’il s’agit de sexualité… Évoquer la nécessité de consulter peut même paraître effrayant, c’est vrai. Pourtant, fixer un premier rendez-vous chez le sexologue n’est pas signe d’échec ou de faiblesse, bien au contraire ! On vous explique pourquoi.  

La sexologie est une compétence acquise par un professionnel de santé (généraliste, gynécologue, psychiatre, sage-femme, infirmière…) à l’issue d’une formation universitaire reconnue par l’État et sanctionnée par un diplôme. Le sexologue traite des problèmes physiques mais aussi psychologiques. Il souhaite recevoir les deux membres du couple la plupart du temps. Ceci dit, prenez garde aux « sexologues » qui ne sont pas des soignants ayant acquis une compétence particulière. Demandez conseil à votre médecin de famille ou à votre gynécologue. Il vous orientera vers un spécialiste en fonction du trouble dont vous souffrez.

Idées reçues et fausses croyances sont légion en matière de sexualité

L’information sexuelle est un des principaux motifs de consultation. « Suis-je normal dans mes fantasmes, dans mes pratiques ? », « Qu’est-ce qu’une fellation ? » : des questions récurrentes en cabinet. Pourtant en matière de sexualité, pas de modèle unique ou de norme. Mais la pornographie en libre accès sur internet – par exemple – peut être culpabilisante et génératrice de désinformation pour les moins avertis en offrant des modèles bien loin de la réalité. En ce sens, dans l’ouvrage Questions Sexo : Les réponses à toutes vos questions !, le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNOGF) et l’Association inter-universitaire de sexologie expliquent que « les modèles médiatiques en vigueur privilégient en règle générale les aspects de performance dans la sexualité́ (plus fort, plus souvent, plus longtemps, plus rigide, etc.). Ils enferment l’individu dans l’idée d’une sexualité́ « idéalisée » à accomplir et l’éloignent des aspects relationnels et affectifs qui donnent tout leur sens à la sexualité́ humaine. Dans leur perspective « normalisante », certaines conduites minoritaires peuvent apparaître pathologiques alors qu’elles ne génèrent aucune souffrance. Par exemple, de nombreuses femmes peuvent avoir un désir faible et se sentir satisfaites de la sexualité́ de leur couple ».

Les principales dysfonctions sexuelles

Troubles du désir, de l’érection ou de la lubrification, éjaculation précoce ou tardive, absence de plaisir ou d’orgasme, douleurs… Autant de motifs de consultation possibles auprès d’un sexologue. Au-delà de ces problèmes fonctionnels, les spécialistes évoquent aussi le thème des maladies chroniques. Les patients qui en souffrent « sont souvent sujets à des difficultés sexuelles, qui ont un impact sur leur qualité de vie. Ainsi, plus d’un diabétique sur deux en est atteint, ainsi que 83 % des femmes souffrant de sclérose en plaque (SEP), 70 % des hommes âgés affectés par des troubles du bas appareil urinaire ou par des rhumatismes chroniques. Le cancer et ses traitements – chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie – perturbent souvent la vie sexuelle du malade, mais aussi de son partenaire ». Consulter peut donc s’avérer très utile pour faire face à toutes ces difficultés.

Quelques chiffres

La plus grande étude sur le sujet a été réalisée dans 29 pays du monde entier, auprès de 27 500 hommes et femmes âgés de 40 à 80 ans. Les chiffres qui en émergent sont intéressants. Dans la population générale : 16 % d’éjaculation précoce, 15 % de dysfonctions érectiles, 17,5 % de difficultés d’orgasme et 10 % de manque d’intérêt sexuel pour les hommes. Chez les femmes de cette même enquête, 20,9 % se plaignent de manque de désir sexuel, 33,6 % de troubles de l’orgasme et 24,3 % difficultés de lubrification ou de dyspareunie (douleurs lors des rapports). Toujours selon cette étude, un tiers seulement des personnes souffrant de dysfonction sexuelle en avaient parlé́ à un professionnel de santé. La plupart des individus touchés n’osent pas parler de leurs difficultés à un soignant, s’exposant ainsi à̀ des ruptures, à l’isolement et au repli sur soi.

Une aide apportée au cas par cas

Les problématiques sont donc nombreuses et chaque couple unique. La sexologie tend principalement à retrouver une sexualité épanouie en l’abordant à travers sa dimension anatomique, psychologique et sociale. La première étape étant de réinstaurer un dialogue sexuel perdu ou inexistant au sein du couple. La mise en place d’une sexothérapie se fait sur des bases adaptées à chacun en fonction de ses troubles, de ses besoins et des envies. La première consultation est donc généralement dédiée à l’identification par le sexologue des causes de ce trouble. Il pourra éventuellement vous prescrire un traitement en cas de problèmes physiques, envisager une intervention chirurgicale le cas échéant, et vous permettre de retrouver une libido perdue à condition de comprendre pourquoi votre désir s’était éteint…

A lire pour aller plus loin

Questions Sexo : Les réponses à toutes vos questions !, Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNOGF) et l’Association inter-universitaire de sexologie (AIUS), éd. Eyrolles