Pourquoi les salles d’attente des psys seront bondées après Noël

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Pour certains, les fêtes de Noël ne sont pas les meilleurs moments de l’année. La dinde aux marrons, le caviar, le saumon fumé, la bûche glacée… Ils ont parfois un goût amer. Outre la magie de Noël, les fêtes peuvent aussi éveiller des sentiments négatifs, voire de grandes angoisses enfouies. Explications.

« Beaucoup de patients me disent ‘Je n’aime pas cette période’, ‘J’ai envie que ça se finisse’, ‘Tous les ans c’est la même chose’ ». Pour Sylvie Protassieff, psychologue à Paris, pas de doute, les fêtes de fin d’année apportent leur lot d’angoisses, coups de stress et baisse de moral. Cette dernière indique même une recrudescence des prises de rendez-vous après les fêtes ! Il semblerait que les petits fours, le champagne, les cadeaux et les retrouvailles en famille ne fassent pas l’unanimité. Et selon la spécialiste qui s’est confiée à différents médias, la peur de Noël est si courante qu’on en a fait un néologisme : la natalophobie. Un phénomène qui semble étendu à l’échelle nationale puisque selon un sondage Opinionway publié en 2016, plus d’un tiers des Français perçoivent Noël comme une « obligation qu’ils redoutent ». Si vous en faites partie, pas de panique ! On vous livre les conseils de Sylvie Protassieff… à appliquer sans modération, pour des fêtes plus digestes.

Pourquoi Noël suscite l’angoisse ?

Première source d’angoisse pour la psychologue : l’amour. « L’amour est au cœur du problème. Celui qui manque. Un manque d’amour réel ou pas, mais perçu dans tous les cas ». En effet, si Noël est synonyme de tendresse et de bienveillance, pour beaucoup, il génère le manque des personnes absentes et de la tristesse. Autre source de mal-être, les rapports aux parents et la jalousie entre frères et sœurs. « Pour les angoissés de Noël, cette réunion familiale représente aussi la perspective d’un bilan forcé sur soi-même, de devoir se justifier sur sa situation amoureuse, professionnelle et personnelle », partage aussi Sylvie Protassieff. Pour d’autres, ce sont les souvenirs qui rendent les fêtes si difficiles : on repense aux personnes disparues et aux Noël qu’on passait avec eux. Ce manque est si douloureux et déchirant qu’il est parvenu à ternir cette fête censée être heureuse. Enfin, la crainte des révélations ou des règlements de comptes familiaux va aussi être à l’origine d’un grand stress. Alors qu’on est 20 autour d’une table dans un espace confiné, les confrontations sont inévitables. « Beaucoup de patients que je retrouve en consultation après les fêtes affirment qu’ils n’iront plus au repas de Noël, mais l’année suivante, ils y retournent, précise Sylvie Protassieff. Souvent, c’est parce qu’inconsciemment, ils espèrent recevoir enfin l’amour qui leur a fait tant défaut ». De quoi atteindre un pic d’angoisse le moment venu.

Quelques conseils pour se réconcilier avec Noël

Oubliez les injonctions à la perfection de Noël qui déferlent sur les chaînes TV et sur Instagram. L’imperfection a aussi ses charmes. Si vous n’avez pas trouvé le cadeau parfait, ou si, cette année encore vous avez fait appel à un traiteur au lieu de vous assigner aux fourneaux (au grand dam de votre oncle), ne culpabilisez pas. Ces petits tracas ne doivent pas vous gâcher la fête. « Autre solution : transformez la fête de Noël, conseille la psy. Il faut oser parler en amont et dire ce qui ne vous convient pas ». Par ailleurs, il conviendra d’oublier les relations toxiques qu’on peut avoir avec sa famille. « Il s’agit de faire le tri entre ce qui est important et ce qui l’est moins et d’accepter sa famille telle qu’elle est. Elle ne changera pas, et au fond, ce n’est pas si grave », ajoute Sylvie Protassieff. Et si Noël est dur à vivre pour des raisons plus profondes, alors il convient de faire un travail sur soi-même afin d’en comprendre les raisons.

A lire pour aller plus loin (ou à glisser sous le sapin) :

Petit guide de survie aux fêtes de famille, Axel Sarde, éd. Marabout

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