Pas de viande le lundi en 2019 : quel sera le réel impact ?

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Voici l’appel lancé par 500 personnalités engagées en ce début d’année. Parmi elles, Isabelle Adjani, Juliette Binoche, Stéphane Bern ou encore Yann Arthus-Bertrand. Leur but ? Réduire collectivement la consommation de chaire animale en instaurant un « lundi vert ». Comment participer ? Quels bienfaits sur la santé ? On vous dit tout.

Seriez-vous prêt à vous passer de viande et poisson une journée par semaine ? C’est en tout cas le projet des 500 personnalités, signataires du Lundi Vert. A compter de janvier 2019, ces derniers s’engagent à adopter un régime végétarien tous les lundis. Sauvegarde des animaux et de la planète, bienfaits sur notre santé… Les motivations ne manquent pas dans l’esprit des signataires. Et ces derniers appellent l’ensemble de la population à les imiter. Un site internet dédié à cette cause a d’ailleurs vu le jour. Il s’agit de lundi-vert.fr, qui invite chaque citoyen à s’inscrire avant sa transition. Une équipe de chercheurs issus de diverses institutions pourront accompagner chaque flexitarien (terme désignant un nouveau comportement alimentaire qui privilégie les légumes et consomme de la viande en moins grande quantité, mais de meilleure qualité) dans la démarche. En vous inscrivant à l’opération Lundi Vert, vous participerez à une étude scientifique, coordonnée à Grenoble et menée par une équipe de chercheurs. Il vous sera également demandé de fournir des informations personnelles afin qu’ils puissent vous joindre dans le cadre de la recherche.

Lundi Vert, un impact sur l’environnement plus que sur notre santé, selon une nutritionniste

« Pour moi, le Lundi Vert porte bien son nom. C’est notre environnement qui sera directement impacté par cette démarche, nous partage Camille Deffay, diététicienne-nutritionniste. Imaginez si l’ensemble du pays cesse de consommer et d’acheter de la chaire animale une journée chaque semaine : l’enjeu environnemental sera fort ». En effet, l’élevage serait à l’origine de 15 à 18 % des émissions de gaz à effets de serre dans le monde, d’après différentes études. Néanmoins, pour la spécialiste, l’impact sur notre santé serait moins signifiant. Selon elle, supprimer la viande une seule journée par semaine ne va pas influer sur notre métabolisme. « Le Programme National Nutrition Santé préconise de consommer de la viande, du poisson et des œufs, 1 à 2 fois par jour, affirme Camille Deffay. En admettant qu’un gros consommateur de viande en ingère deux fois par jour, cela reviendrait à 14 portions par semaine. En participant au Lundi Vert, sa consommation se réduirait à 12 portions hebdomadaires. Cela n’améliorera pas sa forme à court terme. Il faudrait réduire bien davantage pour percevoir les bienfaits sur la santé. Néanmoins, je pense que le Lundi Vert est une bonne initiative. En plus de favoriser la sauvegarde de l’environnement, elle incite la population à réduire sa consommation de viande. Une démarche qui encouragera peut-être certains gros consommateurs à poursuivre cette initiative, qui, mené plusieurs jours par semaine deviendra alors bénéfique pour la santé ». En d’autres termes, bannir la viande de vos assiettes le lundi n’améliorera pas votre santé, mais cela pourra inciter l’ensemble des Français à réduire sa consommation de chaire animale de manière plus large. En effet, réduire la viande favorise la digestion et l’élimination des toxines par le système digestif, et à long terme, diminue le risque de surpoids et maladies cardiovasculaires.

Pourquoi réduire la viande ?

Si la viande a sa place au sein de notre équilibre alimentaire, en être un « grand consommateur » n’est pas sans risque. En 2015, le Centre international de recherches sur le cancer avait considéré la viande rouge et la viande transformée comme « cancérigènes ». C’est sans parler des risque de hausse du taux de glycémie ou encore d’obésité liés à une surconsommation. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande alors de limiter sa consommation de viande à 500 grammes par semaines. Il convient aussi de limiter le poisson à deux fois par semaine en raison de la présence du taux de mercure dans les océans. Enfin, une étude réalisée par l’université d’Oxford avait démontré que 5 % des décès causés par l’alimentation dans les pays développés pourrait être évités en réduisant la consommation de viande.