On a testé : le régime vegan

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Chaque mois, votre rédaction vous parle d’un concept ou mode de vie en toute connaissance de cause. Ce mois-ci, notre diététicienne-nutritionniste s’est essayée au régime végétalien, populaire sous le terme ‘vegan’. Décryptage et conseils avant de vous lancer dans ce régime en vogue.

Le régime vegan fait de plus en plus d’adeptes ! Diététicienne-nutritionniste, Camille Deffay ne peut que confirmer ce constat. « Je rencontre régulièrement des patients affirmant suivre le régime végétalien,explique-t-elle. J’estime qu’en tant que professionnelle de la nutrition, je dois connaître les régimes pour en parler. Et pour les connaître, le mieux, c’est de les tester ». C’est ainsi que la nutritionniste décide de se prêter au régime vegan pour un mois. Menus, effets, conseils, astuces…Elle nous dit tout.

C’est quoi le régime vegan ?

Avant de nous parler du régime, Camille Deffay tient à faire une mise au point. « Il faut bien faire le distinguo entre vegan et régime végétalien. Le vegan n’est pas un régime, c’est un mode de vie au sens large. Une personne vegan défend la cause animale dans tous les domaines : l’alimentation, le textile, les cosmétiques… Elle n’utilisera ni ne mangera quelque chose qui découle de l’exploitation animale. Le régime végétalien sera juste une partie de son mode de vie. Une personne vegan n’aura jamais d’animal de compagnie, car elle pensera que s’approprier un animal est aussi une forme de maltraitance », précise la nutritionniste. Cette dernière a donc opté pour le régime végétalien pour un mois, mais n’a pas adhéré au mode de vie vegan pour autant.

« Je suis quelqu’un qui n’approuvais pas du tout ce régime ! »

« Le régime végétalien implique d’exclure tout aliment provenant de l’exploitation animale de son alimentation », commence Camille Deffay. Exit la viande, le poisson, les œufs, le beurre, le fromage, le lait ou encore le miel ! Les assiettes des régimes végétaliens sont essentiellement composées de fruits, légumes, céréales, graines ou pâtes. « Durant mes études, on m’a toujours appris qu’il fallait manger de tout pour avoir une alimentation équilibrée. Et la pyramide alimentaire définie par le Ministère de la Santé, les professionnels de la santé ou encore le Programme National Nutrition Santé prône la consommation de produits animaux. Ils font partie de l’équilibre alimentaire, résume la professionnelle. Et au départ, si je voulais tester ce régime, c’était pour mieux dissuader mes patients de le suivre. J’attendais de percevoir les mauvais effets rapidement… »

Une première semaine difficile…

Si l’on croit le témoignage de Camille Deffay, les effets qu’elle endure la première semaine viennent confirmer ses certitudes. « J’avais mal, j’avais des crampes partout, mon corps ne me portait plus, j’avais mal aux muscles et j’étais très fatiguée…Et là, j’ai commencé à dire à mon entourage de ne surtout pas suivre ce régime », se remémore la nutritionniste. L’explication ? Les menstruations, semble-t-il. « J’étais indisposée cette semaine-là, précise Camille Deffay. Mon corps était jusqu’alors habitué à avoir un certain fer, normalement apporté par l’alimentation d’origine animale et essentiel en période de menstruations ». Au début de son régime, la nutritionniste n’avait donc plus ce fer, ce qui explique son mal-être. Ceci dit, ces effets désagréables auront été de courte durée. « A l’issue de cette première semaine, j’ai commencé à retrouver mon état normal. Je me sentais même de mieux en mieux ! », partage Camille Deffay. Et petit à petit, cette dernière découvrait un régime aux bienfaits qu’elle n’aurait jamais soupçonné.

« Je me sentais en forme olympique ! »

« En fait, le régime s’est très bien passé, doit admettre la professionnelle. En un mois, je me sentais en forme olympique ! ». Victime de migraine ophtalmique très régulièrement, Camille Deffay n’en a pas subi une seule le temps du régime. « c’est lié à un apport plus important en vitamines par les végétaux », précise-t-elle. Côté sommeil, la nutritionniste perçoit aussi des bienfaits : « d’habitude, je me réveillais souvent la nuit. Pendant le régime végétalien, je dormais très bien. Le fait de manger plus de légumes permettait de manger plus léger, ce qui favorisait la digestion. Cela aidant à mieux dormir ». Si la nutritionniste nourrissait une appréhension quant à l’association « régime végétalien et sport », elle n’aura pas duré. « A l’époque du régime, je pratiquais la course. Et je déteste ça ! Je me disais qu’avec le régime vegan je serais faible et que je n’y arriverai pas. C’est le contraire qui s’est produit. J’étais beaucoup plus performante qu’avant. Je me sentais en forme olympique, toujours grâce à l’apport en vitamine plus important ». Si Camille Deffay n’a pas perdu de poids durant le régime, elle nous précise s’être affinée : exit la cellulite ! En bannissant l’alimentation d’origine animale, on mange moins gras, ce qui, à long terme, diminue la cellulite. Autres bienfaits de ce régime alimentaire : plus de fatigue dans la journée, ni de ballonnements. « Après mon déjeuner vegan, je ne me sentais pas ballonnée et pourtant, je mangeais à ma faim. Ce régime n’est pas restrictif, bien au contraire », ajoute la nutritionniste, avant de nous dévoiler la composition de ses assiettes.

Une journée type et ses assiettes

« L’idée était de remplacer les protéines animales par des protéines végétales. Les protéines animales vont apporter certains acides animés. Sans elles, on va donc en manquer, explique Camille Deffay. Le but était alors de trouver des aliments dotés de ces mêmes protéines, pour les remplacer par des protéines végétales apportant les mêmes acides animés ». Et ces derniers se cachent derrière les légumes, les légumes secs (lentilles, pois chiches, …) et les graines oléagineuses. La nutritionniste nous partage ainsi son quotidien type.

Le petit-déjeuner : baguette traditionnelle, houmous, tartine de beurre de cacahuètes, jus d’orange, muesli floconneux avec compote de pomme…

Le déjeuner : quelques féculents (riz, pâtes, ou pomme de terre), un peu de légumes secs… et beaucoup de légumes ! « J’adorais me faire des buddha bowl. Riches en couleurs, ils donnent envie ! », assure la nutritionniste. Pour l’assaisonnement, elle misait sur l’huile d’olive et les herbes. Adepte des pâtes à la bolognaise, Camille Deffay devait néanmoins s’en passer. Du moins, c’est ce qu’elle pensait. « J’ai découvert le haché végétal : il est composé de soja, cuisiné avec des épices. Le goût est le même ! Cela me permettait de varier encore plus les menus ». Seul bémol : les desserts végétaliens qui ne semblent pas satisfaire les papilles. « J’ai testé certains desserts vegan, et ce n’est pas forcément bon. Le lait végétal qui remplace le lait traditionnel n’offre pas les mêmes saveurs », prévient la nutritionniste.

Le petit creux de l’après-midi : « Il n’arrivait pas ! », affirme Camille Deffay. En effet, le régime vegan englobe des fibres en grande quantité. Ces dernières comblent énormément l’estomac.

Le dîner : « Pour les dîners, je préparais le même genre de menus que ceux présentés pour le déjeuner », précise la nutritionniste. Si le régime vegan implique la suppression de nombreux aliments, il autorise toutefois les petits plaisirs de la fin de journée. « Les apéritifs ne sont pas proscrits. Il suffisait de remplacer la traditionnelle rondelle de saucisson par des toasts de houmous, tapenade, caviar d’aubergine ou guacamole, sans oublier les tomates cerises, radis et concombres », décrit Camille Deffay.

« Le régime est bien s’il est suivi correctement »

En tant que nutritionniste, Camille Deffay est consciente que ses connaissances l’ont aidé à suivre ce régime. « Je connais les aliments. J’ai perçu les bienfaits du régime vegan, car je savais composer mes assiettes de façon à ne manquer de rien, précise-t-elle. En revanche, quelqu’un qui ne les maîtrise pas ne saura pas varier les menus ». La diététicienne met aussi en garde les personnes souffrant du syndrome du côlon irritable : le régime vegan est loin d’être adapté dans ce cas ! Après un mois à suivre ce régime, la nutritionniste doit admettre, malgré ses réticences, qu’il apporte des bienfaits s’il est suivi correctement. « Il est bien si nous connaissons les aliments, sinon il est essentiel de se faire suivre par un diététicien qui saura remplacer les protéines animales intelligemment », conclue Camille Deffay.