#MoisSansTabac : les femmes en ligne de mire

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Une semaine après le lancement du #MoisSansTabac, l’opération compte déjà plus de 233 000 inscrits. Un vrai challenge pour les 12 millions de fumeurs Français. Et cette année, le programme vise une cible spécifique : les femmes, de plus en plus accro au tabac. Une situation qui préoccupe le ministère de la Santé.

Si la consommation de tabac recule en France, les femmes se trouvent dans une autre dynamique. « Le cancer du poumon est en passe de devenir le premier cancer meurtrier chez les femmes, avant le cancer du sein », déplore Agnès Buzyn lors d’une conférence de presse. D’après la ministre de la Santé, le tabagisme féminin atteint les 30,8 % en 2017, contre 21,5 % en 2000. « C’est une situation très préoccupante », résume-t-elle. Et dans un Bulletin épidémiologique hebdomadaire, Santé Publique France ne fait que confirmer cette évolution en mesurant l’impact du tabagisme sur la santé des femmes. Aperçu.

Des fumeuses qui ont peur de grossir

Selon les chiffres communiqués par Santé Publique France, le nombre de décès dus au tabac a été multiplié par deux chez les femmes entre 2000 et 2014. La mortalité par cancer du poumon a augmenté de 71 %, alors que du côté des hommes, elle a diminué de 15 %. Si la gente féminine s’est initiée à la cigarette qu’à partir des années 70, les femmes ont résolument rattrapé leur retard. « C’est toute une génération qui est aujourd’hui touchée de plein fouet par des maladies qu’on croyait quasi exclusivement masculines, comme le cancer du poumon, l’infarctus du myocarde, ou encore la bronchopneumopathie chronique », affirme le Dr François Bourdillon, directeur général de Santé Publique France. Et ces dernières sont souvent plus réticentes à se libérer de cette addiction, semble-t-il. « Les femmes ont souvent peur de grossir si elles arrêtent de fumer, alors que nous savons qu’avec un bon accompagnement, on peut tout à fait ne pas grossir, c’est tout l’intérêt d’un suivi comme celui de Tabac Info Service », souligne Agnès Buzyn.

16 % de fumeuses durant le troisième trimestre de grossesse

Toutes les femmes sont conscientes que le tabac est à proscrire pendant la grossesse et la plupart se disent qu’elles deviendraient non-fumeuses en cas de projet de bébé. Et pourtant, en réalité, seule 1 femme sur 2 y parvient. Selon le bulletin de Santé Publique France, 16,2 % des femmes fument encore au stade du troisième trimestre de grossesse. « Ce n’est pas par manque de volonté que certaines femmes enceintes continuent de fumer, insinue Nadia Lahlou, médecin tabacologue. La preuve, elles réduisent considérablement le nombre de cigarettes. Mais au bout d’un moment, elles sont bloquées, elles n’arrivent plus dépasser un certain seuil ». Selon la spécialiste, elles sont nombreuses à penser qu’elles sont seules face à cette addiction et qu’aucun traitement ne pourra les aider. « C’est une idée reçue, ajoute Nadia Lahlou. Lorsque l’on est enceinte et qu’on veut arrêter de fumer, on peut se faire aider par un professionnel de santé et se faire prescrire des traitements comme des substituts nicotiniques, qui vont être une aide efficace ». Et malheureusement, si la plupart parviennent à arrêter la cigarette durant la grossesse, elles sont plus de 82 % à recommencer après avoir accouché. Pour la tabacologue, l’enjeu est alors de prévoir un accompagnement des femmes dès la sortie de la maternité.

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