#MoisSansTabac : comment s’y préparer?

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Dès le 1er novembre, le #MoisSansTabac débutera pour la 3èmeannée consécutive. L’occasion ou jamais de terminer 2018 sur une note positive ! Quelques conseils pour se préparer à oublier la cigarette et augmenter vos chances de succès.

Un nouveau challenge pour les 12 millions de fumeurs français quotidien qui s'apprête à débuter. Le Ministère des Solidarités et de la Santé et Santé publique France lancent la 3ème édition du #MoisSansTabac. S’il débute en novembre 2018, Santé publique France a déployé, dès octobre, son dispositif afin d’inciter les fumeurs à s’y préparer et à participer à ce défis. Selon le Baromètre santé 2017, 380 000 fumeurs quotidiens avaient fait une tentative d’arrêt grâce à la 1èreédition du #MoisSansTabac. Et 6 mois plus tard, 20 % étaient toujours abstinents. Cette année, vous voilà enfin décidé à en finir avec l’addiction à la cigarette. Alors, quand commencer ? Et surtout, comment commencer ? Comment réussir à ne pas replonger ? Rencontre avec Olivier Lockert*, hypnothérapeute et auteur de J’arrête d’être addict (éd. Eyrolles). Il nous donne les clés pour nous libérer de l’addiction au tabac.

#MoisSansTabac, un bon déclic

« Le #MoisSansTabac va donner à plein de gens, l’envie de se lancer, estime le thérapeute. Si on ne donne pas un ultimatum aux fumeurs, ils n’auront pas le déclic ». Pour Olivier Lockert, le #MoisSansTabac permettra aux fumeurs de se sentir moins seuls. L’effet de groupe entraîne une énergie collective, qui aide à atteindre ses objectifs. Seul bémol, le manque d’informations et de techniques d’encadrement des fumeurs. « Ils sont invités à consulter leur pharmacien, ou médecin… Résultat, le pharmacien va leur proposer des patchs. Et au lieu de fumer la nicotine, ils l’auront dans le sang », ajoute le thérapeute. Mais alors, quelles alternatives ?

Cessez de croire que vous êtes addict à la nicotine !

Selon le spécialiste, le fumeur doit être mieux informée. « Il n’existe pas de dépendance à la nicotine. Les chercheurs de l'Université Pierre et Marie Curie, à Paris 6, Jussieu, ont montré que la nicotine seule n’induit pas d'effets addictifs. En revanche, nous avons réussi à révéler de puissants effets addictifs lorsqu'elle est associée à certains composés présents dans la fumée de tabac. (Journal of Neurosciences, 2009). Ainsi, les fabricants intègrent des additifs afin de créer la dépendance au tabac. Ces additifs sont principalement au nombre de trois, et vous verrez qu’ils ne sont pas là par hasard : le sucrose, le chocolat et le miel. Ces agents de saveurs que les marques intègrent aux cigarettes pour donner du goût sont très addictifs », affirme Olivier Lockert. Concrètement, en tant que fumeur, vous n’êtes donc pas addict à la cigarette, mais aux produits addictifs que les fabricants de cigarettes y intègrent. C’est ainsi que le fumeur se rabat sur une marque en particulier. « Si c’était la nicotine qui provoquait l’addiction, il fumerait n’importe quoi. L’addiction a été créée de toute pièce par les services marketing des marques de cigarettes. Une fois que le fumeur comprend cela, il aura le sentiment de s’être fait arnaquer. Cela renforce la motivation de se libérer du tabac, mais pour cela, il doit en prendre conscience », explique le thérapeute.

Utilisez la vaporette comme transition

Pour réussir à se libérer de la cigarette, il peut être judicieux de se rabattre sur les vaporettes dans un premier temps. « Les vaporettes contiennent, certes, de la nicotine qui se trouve être nocive pour l’organisme, mais pas les saveurs qui génèrent l’addiction », affirme Olivier Lockert. Selon lui, se contenter de « vapotter » dans un premier temps, peut aider à se libérer des substances addictives des enseignes de cigarettes. « Ces dernières vont vous affirmer que les vaporettes contiennent aussi des substances nocives, mais pour le moment rien n’est certain. En revanche, dans la cigarette, les méfaits et substances addictives sont bien avérés », poursuit le thérapeute. Arrêter de fumer du jour au lendemain peut sembler difficile, car ce rituel entre dans la routine des personnes. « Mais en se rabattant sur la vaporette provisoirement, cela permet de ne pas perturber votre routine et votre envie de fumer, tout en vous libérant des substances addictives. A ce moment-là, fumer sera juste une habitude et non plus une addiction. Si tous les matins, vous mangez une banane, vous n’êtes pas accros aux bananes. C’est juste une habitude. Ceci dit, elle sera difficile à abandonner, car les humains ont besoin de routine », précise le thérapeute.

Pourquoi pas l’hypnose ?

L’hypnose fait de plus en plus d’adeptes. Pour cause, l’esprit et le cerveau exercent une grande puissance sur le corps humain. « Avec l’hypnose, je redémarre tout le système de la personne », explique Olivier Lockert. Selon lui, le corps des fumeurs a besoin des molécules présentes dans la cigarette, ce qui explique la difficulté de sortir le tabac de leurs vies. « Sauf si leur corps redémarre. Voilà ce que fait l’hypnose. Certains ressortent et ne fument plus. Pendant la séance, on va demander au corps de désactiver l’addiction. Pratique qui a aussi eu sa place dans certains hôpitaux lorsque des fumeurs ont dû arrêter la cigarette avant une opération ».

La clé ? La liberté

« Une fois que le programme a été établi, et que le fumeur a pris conscience qu’il est addict à une marque et non à la cigarette, on va lui dire qu’il est libre désormais, ajoute le spécialiste. Libre d’arrêter ou libre de se griller une cigarette une fois rentré chez lui ». En interdisant formellement la cigarette à un individu, c’est l’effet inverse qui se produira. Ce n’est jamais une bonne solution. « Vous arrêterez quand vous voulez ! », répète le praticien à ses patients. « Les gens s’imaginent que l’hypnose va obliger à faire ou ne pas faire quelque chose. Or, c’est faux. Bloquer la liberté pour bloquer l’envie de la cigarette n’est pas la chose à faire. Les humains ont besoin d’être libres. Rien qu’en sachant qu’ils sont libres, certains fumeurs arrêtent la cigarette. Il ne faut parfois pas plus ».

Veillez à votre équilibre alimentaire

Un constat pour certains fumeurs : « j’ai arrêté une fois, et j’ai pris 10 kg ! ». Le spécialiste explique : « en effet, la cigarette est un poison. Donc le corps se défend contre ce poison et dépense beaucoup d’énergie. Et lorsque vous n’avez plus le poison, cette énergie ne sert plus. Ainsi, vous grossissez alors que vous ne mangez pas plus ». Les fumeurs sont nombreux à penser que bannir la cigarette procure le besoin de compenser avec plus de nourriture. Or, « tout le monde compense avec la nourriture, pas uniquement les fumeurs », ajoute le thérapeute. Puisqu’il n’y a plus d’addiction, le fumeur n’a rien à compenser en plus. « Mais avant, le poison de la cigarette faisait carburer le corps, donc il grillait les calories. Une fois la cigarette arrêtée, le fumeur ne mangera pas forcément plus, mais aura tendance à grossir. Si l’ancien fumeur prend 500 gr, il ne doit pas s’inquiéter, mais aussi profiter du mois sans tabac pour davantage surveiller son équilibre alimentaire ».

Attention aux coups de froid

Pour mieux se préparer au #MoisSansTabac qui débute en novembre, Olivier Lockert conseille aussi de bien se couvrir afin de ne pas prendre froid. Selon lui, la cigarette s’attaque à votre système immunitaire. « Alors que vous fumiez, quelqu’un passait avec un rhume, vous ne l’attrapiez pas. La fumée tuait les microbes : les bons comme les mauvais. Une fois que vous arrêtez de fumer, votre système immunitaire se trouvera affaiblit, vous serez donc plus vulnérables face aux coups de froid ». Vous êtes avertis, enfilez vos manteaux et écharpes !

Trouvez une nouvelle routine

Si vous craquez au bout de 3 semaines d’arrêt, vous n’aurez pas succombé par addiction d’après le thérapeute. « Vous avez craqué parce que votre habitude vous manquait, ce qui est différent ». L’idéal est donc de renouer avec des occupations qui vous plaisent et de vous trouver une nouvelle routine. « Boire un verre entre copains de temps en temps, lire un bon roman en rentrant du travail, concocter de bons menus pour le dîner… peu importe ! Faites ce que vous aimez », propose Olivier Lockert.

A lire pour aller plus loin

C’est décidé, j’arrête d’être addict !, Olivier Lockert et Gérard Cervi, éd. Eyrolles

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