#MoisSansTabac : « cette addiction tue 200 personnes chaque jour », déplore la ministre de la Santé

. 3 minute lire

Alors que le #MoisSansTabac signe son grand retour le 1er novembre, Santé Publique France et Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, dressent un nouvel état des lieux sur la lutte contre le tabagisme. Les chiffres et les objectifs de la campagne 2018.

Ce début du mois de novembre ne marque pas uniquement l’arrivée du « grand froid ». Après avoir ressorti les manteaux d’hiver et déposé quelques fleurs au cimetière, le moment est venu de jeter son dernier paquet de cigarettes. Et pour cause, deux jours avant la nouvelle édition du #MoisSansTabac, Santé Publique France et la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, nous dressent un nouvel état des lieux pour le moins préoccupant sur la lutte contre le tabagisme. Considéré comme l’addiction provoquant le plus grand nombre de décès chaque année, le tabac est la première cause de cancers et de maladies cardiovasculaires. Pour Agnès Buzyn, mener ce combat ensemble est aujourd’hui indispensable. Lors d’une conférence de presse, elle nous rappelle quelques chiffres et les objectifs de la 3ème édition du #MoisSansTabac.

73 000 décès par an

Agnès Buzyn compare l’effet du tabac à celui d’un crash d’avion pour mieux démontrer ses effets dévastateurs. « Le tabac tue 200 personnes chaque jour, ce qui est l’équivalent d’un crash d’avion, déplore la ministre de la Santé. Chaque année, 73 000 personnes meurent à cause de la cigarette. C’est l’équivalant d’une ville comme la Rochelle ». On sait aujourd’hui qu’un fumeur sur deux va mourir des conséquences du tabagisme. « A l’échelon d’une famille, d’une personne malade, c’est un combat terrible de lutter par exemple contre le cancer du poumon. C’est une épreuve individuelle, familiale et parfois professionnelle », poursuit Agnès Buzyn.

16,2 % des femmes enceintes continuaient à fumer

Un deuxième combat plus spécifique sera mené en cette 3ème édition du #MoisSansTabac. Il s’agit du tabagisme chez les femmes. « Si le tabagisme des hommes a eu tendance à diminuer ces dernières années, celui des femmes stagne entre 20 et 40 ans. C’est une situation très préoccupante : le cancer du poumon est en passe de devenir le premier cancer meurtrier chez les femmes, avant le cancer du sein, affirme la ministre. Cela doit renforcer notre détermination à agir ». Et concernant les femmes de 45 à 54 ans, il augmente considérablement : il passe de 21,5 % en 2000 à 30,8 % en 2017. Ces données ont amené Santé Publique France à se pencher sur le tabagisme durant la grossesse, et là encore, les chiffres sont édifiants : en 2016, 16,2 % des futures mamans continuaient de fumer lors du 3ème trimestre de grossesse, ce qui est un des taux les plus élevés d’Europe, indique le Bulletin épidémiologie hebdomadaire de Santé Publique France. Une femme sur deux ne parvient pas à arrêter la cigarette au début de la grossesse.

1 million de fumeurs ont arrêté la cigarette grâce aux actions mises en œuvre

Grâce à l’ensemble des actions mises en œuvre pour réduire le tabagisme, 1 million de fumeurs se sont libérés de cette addiction en un an. « Nous devons aller plus loin, annonce Agnès Buzyn. Les mesures de prévention font partie des priorités de l’ensemble du gouvernement et dans laquelle la lutte contre le tabagisme fait l’objet de mesures spécifiques. L’objectif de notre programme est ambitieux : nous voulons amener les Français vers une première génération d’adulte non-fumeurs d’ici 2032 ». La ministre entend ainsi accompagner les fumeurs dans l’arrêt par des actions sociales de dénormalisation du tabac.

« L’objectif est un prix du paquet à 10 euros en 2022 »

« Les substituts nicotiniques sont désormais remboursés par la Sécurité sociale comme des médicaments. N’importe quel médecin peut les prescrire », annonce Agnès Buzyn. La ministre évoque aussi le projet Tabado, déployé dans 16 régions françaises, qui pilote l’accompagnement à l’arrêt du tabac dans les lycées professionnels et centres de formations. Et par ailleurs, Agnès Buzyn rappelle aussi l’augmentation du prix du paquet de cigarettes, qui suscite bon nombre de débats. « L’objectif est un prix du paquet à 10 euros en 2022. Cette action est déterminante pour engager les gens ». Enfin, le ministère de la Santé veut aussi solliciter les établissements de santé ainsi que les professionnels qui y exercent. « On voit encore trop souvent de praticiens fumer autour des établissements. En tant que professionnels de santé, nous devons montrer l’exemple », ajoute la ministre. Grâce à la taxation des produits de tabac, 100 millions d’euros ont pu être alloués pour mener des actions concrètes en 2018, afin d’inciter au sevrage.