Malaise vagal : faut-il s'alarmer ?

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Les trois quarts des évanouissements seraient en fait des malaises vagaux. Généralement bénin, le malaise vagal peut néanmoins être impressionnant pour ceux qui en souffrent ou leur entourage. Que faire ? Comment prévenir ? Est-ce dangereux ? Etat des lieux avec le docteur David Popesco, médecin anesthésiste à Périgueux.

Une sensation de mal-être et de fatigue soudaine, des bouffées de chaleur, une vision qui se trouble, des nausées, les jambes qui se dérobent… puis la perte de connaissance (qui n’est pas obligatoire cependant) pendant quelques secondes ? Ce peut être un malaise vagal, un problème très courant (près de 200 000 personnes se rendraient chaque année aux urgences pour une perte de connaissance) et sans danger dans la plupart des cas. Le malaise vagal, qui est la conséquence d’une hyperstimulation du nerf vague, est dû à une baisse de la tension artérielle et de la fréquence cardiaque. Le cerveau alors mal oxygéné déclenche les symptômes du malaise.

Quelles sont les situations à risque ?

Dans la plupart des cas, le malaise vagal est la conséquence d’une situation un peu particulière. Laquelle ? Le docteur Popesco recense les principales situations à risque :

. Une émotion forte (la Miss France qui s’évanouit à l’annonce du résultat...) ou un coup de stress ;

. Une forte chaleur, associée à la position debout (par exemple dans le métro aux heures de pointe) ;

. La position debout prolongée (le policier qui reste en faction devant un bâtiment) ;

. Une grande fatigue ;

. Une douleur brutale ;

. Lors d’une miction quand on s’est retenu longtemps.

C’est grave docteur ?

« Un malaise vagal unique ne pose pas de soucis particuliers, sauf si les signes sont persistants et font suite à une situation particulière (choc hémorragique visible ou non, problème cardiaque sévère) », explique le docteur Popesco. Dans les faits, les symptômes disparaissent spontanément au bout de quelques minutes pour la grande majorité des cas. Néanmoins, le malaise vagal s’accompagnant d’une chute, le risque de blessure n’est pas à exclure. En outre, si les évanouissements se répètent, ce peut être handicapant au quotidien. Si un malaise vagal récidive, on consulte donc son médecin traitant qui pourra demander un bilan plus approfondi (cardiologique notamment).

On peut limiter les risques ?

Lorsque l’on sait être sujet au malaise vagal (selon une étude datant de 2012, cette sensibilité pourrait être génétique), le plus simple est d’anticiper les situations les plus à risque. Comment ? Le docteur Popesco conseille de passer de la position allongée à la position assise, et de la position assise à la position debout progressivement ; de porter des chaussettes de contention sur de longs trajets ou en cas de position debout et statique prolongée et de s’allonger et surélever les jambes dès que l’on ressent les moindres signes annonciateurs du malaise.

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