Le stealthing, une nouvelle forme d’agression sexuelle qui inquiète

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Une nouvelle pratique sexuelle qui fait pâlir. Le stealthing consiste à retirer son préservatif en plein acte sexuel…à l’insu de sa partenaire. Cette dernière se retrouve alors confrontée à un risque d’infection sexuellement transmissible.

Une pratique plus répandue qu’on le pense. Le stealthing, qui signifie « furtivité » en français, consiste à retirer son préservatif pendant un rapport sexuel, sans le consentement de sa partenaire. C’est Alexandra Brodsky, juriste au National Women’s Law Center, qui a mis cette pratique en lumière. Le stealthing a même fait l’objet d’une étude publié dans le Columbia Journal of Gender. « Le retrait non consensuel du préservatif pendant les rapports sexuels expose les victimes à des risques de grossesse et de maladie sexuellement transmissible, déclare-t-elle. Et selon des témoignages, nombre d’entre elles le perçoivent comme une violation grave de la dignité ». Alexandra Brodsky a commencé à s’intéresser à ce phénomène en 2013, alors qu’elle réalisait que plusieurs de ses amies avaient subi ce genre d’agression. Néanmoins, aucune de ces victimes n’osent qualifier cette expérience de viol. Pourtant, selon la juriste, le stealthing s’en rapproche.

A partir de quand peut-on parler de viol ?

En droit français, le viol se caractérise par tout acte de pénétration sexuelle de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne par violence, contrainte, menace ou surprise. C’est un crime passible de la cour d’assises et la peine encourue par l’auteur d’un viol est de 15 ans de réclusion criminelle. Pour ce qui est du stealthing, plusieurs avocats se battent actuellement pour qu’il soit considéré comme un viol par la loi. Alexandra Brodsky trouve ce terme justifié. Selon elle, le stealthing est une forme de viol puisqu’il implique une pénétration et que la victime ne consent pas à l’absence de préservatif.

Un homme déjà condamné pour avoir pratiqué le stealthing

En Suisse, un Français a déjà fait l’objet d’une condamnation à 12 mois de prison avec sursis pour avoir pratiqué le stealthing. Le tribunal correctionnel de Lausanne l’a condamné en janvier 2017. La victime avait dû subir quatre mois de traitement préventif contre le VIH. Avec son étude, Alexandra Brodsky tenait à dénoncer cette pratique, mais surtout, faire en sorte qu’elle soit considérée comme une violence sexuelle et qu’elle éveille les consciences. « Une victime de stealthing devrait pouvoir porter plainte », assène-t-elle.

Propos recueillis par Emmanuelle Jung, journaliste chez HelloConsult (helloconsult.com)

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