La politique de paquets de tabac neutres, est-elle efficace ?

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Début 2017, le gouvernement instaurait la politique de paquets de tabac neutres en France. Autrement dit : pas de logo ni de signes distinctifs de l’enseigne sur les produits. L’enjeu ? Réduire l’attractivité du tabagisme auprès des jeunes. Si cette mesure avait agité, voire divisé les Français, elle semble pourtant porter ses fruits selon l’Inserm.

Supprimer toute particularité esthétique des paquets de tabac et gommer le logo des marques. Voici la politique de paquets de tabac neutre instauré par le gouvernement français début 2017. Près de 2 ans après, qu’en est-il des résultats de cette mesure ? Ils seraient positifs selon une récente enquête menée par l’Inserm et financée par l’Institut national du cancer. En France, de moins en moins d’adolescents seraient tentés à fumer leur première cigarette, suite à l’instauration des paquets de tabac neutres. En effet, « 1 jeune sur 5 de 12 à 17 ans a expérimenté le tabac en 2017, contre 1 jeune sur 4 en 2016 », précise l’Inserm.

Les jeunes, particulièrement sensibles au marketing

Cette enquête téléphonique a débuté avant la mise en place des paquets neutres : 2000 adolescents avaient été interrogés. Un an après la mise en place de la politique, 2000 autres ont été sondés. Cette étude soutient l’efficacité de cette mesure sur un public particulièrement sensible au marketing. D’après les résultats de l’Inserm, les paquets de tabac, disposant tous de la même forme, même taille, même couleur, même typographie et pourvus de nouveaux avertissements sanitaires visuels mettant en avant leur dangerosité, semblent bien rebutants pour les adolescents. En effet, les chiffres parlent d’eux-mêmes : les jeunes sont 20,8 % à avoir expérimenté le tabac pour la première fois en 2017, contre 26,3 % en 2016, et ce, même en prenant en compte leurs caractéristiques démographiques et socio-économiques. « Cette baisse est encore plus marquée chez les jeunes filles, ajoute l’Inserm. 1 sur en 2017, contre 1 sur 4 en 2016 ».

Une politique qui dénormalise le tabac

Autre aspect mis en évidence par l’étude : les jeunes interrogés un an après le lancement des paquets neutres sont également plus susceptibles de considérer le tabagisme comme dangereux (83,9 % contre 78, 9 % en 2016). Ils sont aussi plus nombreux à avoir peur de ses conséquences (73,3 % contre 69,2 %). Et par-dessus tout, les jeunes fumeurs sont moins attachés à leur marque de tabac en 2017 (23,9 % contre 34, 3 %). Selon les auteures de l’étude, Maria Melchior, chercheuse et Fabienne El Khoury, post-doctorante, « ces résultats montre que le paquet neutre pourrait contribuer à dénormaliser le tabac chez les jeunes et à en diminuer l’expérimentation. L’effet global serait dû aux politiques de lutte contre le tabac incluant la mise en place des paquets neutres, l’augmentation de prix et les campagnes de sensibilisation ».

#MoisSansTabac 2018