Je suis victime de harcèlement au travail : comment réagir ? à qui en parler ?

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Vous partez tous les matins au travail avec la boule au ventre ? Vous avez peur de vous confronter à des remarques désobligeantes ou des comportements déplacés de la part d’un collègue ?  Il est possible que vous soyez victime de harcèlement. Alors comment savoir si c’est bien le cas ? A qui en parler et comment le prouver ? On fait le point.

Qu’il soit à caractère moral ou sexuel, le harcèlement constitue un délit puni par la loi. Sanctions disciplinaires (mise à pied, mutation, licenciement) et judiciaires (allant jusqu’à 2 ans de prison et 30.000 € d’amende) sont prévues. L’auteur du harcèlement peut par ailleurs être condamné à verser des dommages-intérêts à la victime.

Les éléments constitutifs du harcèlement moral au travail

A partir de quand peut-on parler de harcèlement au travail ? Sur son site, l’administration française précise que « le harcèlement moral se manifeste par des agissements malveillants répétés : remarques désobligeantes, intimidations, insultes...Ces agissements entraînent une forte dégradation des conditions de travail de la victime, et peuvent porter atteinte à ses droits et à sa dignité, altérer sa santé physique ou mentale, ou compromettre son avenir professionnel ».Un acte isolé n’est donc pas suffisant pour caractériser le harcèlement. Si vous pensez que c’est votre cas, sortez impérativement de l’isolement. Parlez-en d’abord à des personnes de confiance. Ne faites pas le dos rond en vous disant que « ça va passer ».Ne pensez pas non plus que vous allez tenir… Les conséquences sur votre santé physique et mentale pourraient être sérieuses.

Quand le harcèlement devient sexuel

Il touche majoritairement les femmes. « Le harcèlement sexuel se caractérise par le fait d'imposer à une personne,de façon répétée, des propos ou comportements à connotation sexuelle qui portent atteinte à sa dignité en raison de leur caractère dégradant ou humiliant, ou créent à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante. Est assimilée au harcèlement sexuel toute forme de pression grave (même non répétée) dans le but réel ou apparent d'obtenir un acte sexuel, au profit de l'auteur des faits ou d'un tiers »selon le même site. Mais où se situe la limite ? Toute forme de drague maladroite et un peu lourde n’est pas constitutive du délit. Même si ce n’est pas toujours évident, il est préférable de savoir identifier ce qui est du domaine du harcèlement sexuel.  

Réagissez rapidement

Ne laissez pas la situation perdurer, elle risquerait d’empirer. En perte de repères, une personne harcelée se remet trop souvent en cause. Elle peine à assimiler le côté anormal de la situation. C’est pourquoi il faut réagir vite et s’adresser aux différents interlocuteurs mis à la disposition des salariés. Employeur, représentants du personnel, médecin et inspecteur du travail : ils sont nombreux à pouvoir vous aider dans vos démarches. Si toutefois vous ne souhaitez pas en parler dans le cadre professionnel, consultez un avocat spécialisé en la matière ou parlez-en à votre médecin traitant ou à un psychologue. Ils vous exposeront les différentes solutions. Dans les cas les plus graves, la saisie des tribunaux peut s’imposer. Quoi qu’il en soit, réunissez des preuves les plus pertinentes possibles. Attestations médicales ou témoignages de collègues pourront en effet vous être utiles.

« Prenez ensuite le temps de la réflexion »

Et sur le plan professionnel ? La démission est fréquemment envisagée à la suite d’un cas de harcèlement. Mais pour Caroline ATTIA, psychologue clinicienne et membre du réseau national de consultations « Souffrance et Travail »,il est très important de prendre du recul. « S’il est nécessaire de réagir rapidement au démarrage du harcèlement pour ne pas le laisser s’installer, en revanche, il faut prendre son temps dans la phase de reconstruction qui nécessite des décisions ou des modifications professionnelles, nécessitant elles-mêmes un travail psychique qui prend du temps ».

Plus d’informations sur le site de Souffrance et Travail et sur celui du Service Public

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