Harcèlement scolaire : les signes qui ne trompent pas

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Ce jeudi 8 novembre se tient la journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire. Avec 10 % d’élèves qui en sont victimes, sensibiliser le public devient essentiel. En tant que parents, on ne décèle pas toujours le cauchemar que vit un enfant persécuté. Découvrez les signes d’alerte avant que l’irréparable se produise.

Après la diffusion du téléfilm sur Jonathan Destin sur TF1 (Le jour où j’ai brûlé mon cœur), on ne peut rester indifférent à son histoire. Harcelé par ses camarades de classe durant de longues années, l’adolescent a tenté de mettre fin à ses jours en s’immolant par le feu. Coups, moqueries, insultes…Le quotidien de Jonathan Destin est devenu un enfer. Et selon Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale, 700 000 élèves sont victimes de harcèlement scolaire, dont la moitié de manière sévère, tous milieux confondus (primaire, collège, lycée, université). Pour l’entourage et les parents, il est parfois difficile à déceler si l’enfant n’en parle pas. Hélène Romano, psychologue et auteure* identifie 5 signes qui ne trompent pas.

A partir de quel moment parle-t-on de harcèlement scolaire ?

Le Ministère de l’Education Nationale identifie une caractéristique du harcèlement scolaire : la répétition. Cela peut n'être qu’une moquerie ou un surnom, mais c’est son caractère répétitif qui va rendre les choses insupportables. Une autre dimension du harcèlement : le phénomène de groupe. Les plus nombreux se liguent contre un plus faible et cette dynamique crée le harcèlement. Les formes les plus sévères de harcèlement peuvent aller jusqu’à la violence physique et le racket. Et malheureusement, cette persécution ne se limite pas aux heures de cours : elle se prolonge dans les transports scolaires, les vestiaires après les séances d’EPS, et aussi à la maison. Les portables et réseaux sociaux ont permis à ce fléau de s’amplifier : on parle alors de cyberharcèlement. Une personne peut ainsi être persécutée 24 heures sur 24. Il est essentiel de savoir détecter le harcèlement pour le faire cesser au plus vite. Les conséquences peuvent suivre la victime toute sa vie : stress chronique, dépression, insomnie, perte de confiance...

Votre enfant fait tout pour éviter l’école

Votre enfant feint d’être malade ? Il n’aime plus l’école ? Il a peur d’y aller seul ? « Ce sont des signes qui doivent vous mettre en garde », alerte Hélène Romano. Et il se peut aussi que votre adolescent se plaigne de réelles douleurs physiques : nausées, estomac noué, maux de tête… Elles ne sont pas à prendre à la légère.

Votre enfant préfère la présence des adultes

L’isolement est aussi un signe annonciateur de harcèlement scolaire d’après la psychologue. « Votre enfant n’invite pas de camarades à la maison, ne souhaite pas fêter son anniversaire et cherche au contraire à être avec les adultes », décrit Hélène Romano. Si personne ne ramène les cours à votre enfant lorsqu’il est malade, posez-vous les bonnes questions. Et selon la spécialiste, un état dépressif de l’enfant n’est pas spécifique au harcèlement, mais ce dernier risque d’entrer dans une phase triste et n’aura plus envie de rien. Si certains adultes pensent que c’est courant lors du passage à l’adolescence, c’est surtout une manifestation qui peut traduire un harcèlement.

Le matériel scolaire de votre enfant est endommagé ou disparaît

« Une trousse déchirée, un carnet de correspondance plongé dans l’eau sont des signes, affirme Hélène Romano. Les harceleurs s’en prennent aussi aux affaires scolaires de leur victime et à tout ce qui symbolise la scolarité ». Cherchez à savoir comment le matériel de votre enfant a pu se retrouver endommagé. Ne vous énervez pas contre la soi-disant maladresse ou négligence de votre adolescent, sans savoir ce que cela cache réellement.

Votre enfant est irritable

« L’enfant est en état d’hypervigilance en permanence, décrit la psychologue. Il surveille son entourage, anticipe ce qu’on risque de lui faire comme s’il risquait d’être agressé. C’est épuisant pour lui ». Les conséquences de cet état ? Des problèmes d’attention, de concentration, des troubles du sommeil et donc une irritabilité. Les résultats scolaires ne constituent pas forcément un signe. « Il y a des gamins qui sont en échec scolaire, mais qui ont des copains, des amoureux, font du sport… Au contraire, un jeune, victime de harcèlement scolaire est vidé de toute substance vitale. Rien à voir avec la fatigue physique. Une grasse matinée ne lui permettra pas de récupérer », ajoute la spécialiste. Votre enfant aura les traits anxieux et le visage crispé au quotidien.

Votre enfant s’habille « passe-partout »

Les enfants victimes de harcèlements auront tendance à vouloir passer inaperçus pour éviter d’être la cible de moqueries. « On peut le remarquer à leur posture ou leur style vestimentaire. Ils baissent la tête, portent des vêtements passe-partout, des couleurs tristes et n’opteront jamais pour l’originalité », analyse Hélène Romano. En classe, ils éviteront de prendre la parole pour se faire remarquer le moins possible. Si l’enfant a de réelles capacités, il fera en sorte d’avoir des résultats « moyens » pour rester dans la masse.

A lire pour aller plus loin :

*Les dix indispensables, Le harcèlement scolaire, Hélène Romano, éd. ITPR

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