Grossesse tardive : «J’ai eu mon premier enfant à 41 ans»

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De plus en plus de femmes décident de devenir maman « sur le tard ». Si les grossesses tardives étaient considérées comme risquées il y a quelques années, ce n’est plus le cas aujourd’hui. A 41 ans, Anne-Lise, ancienne bassiste dans un groupe de rock, actuellement journaliste et auteure, devient maman. Envie de bébé, conception, grossesse, quotidien…Elle nous dit tout.

« Je suis devenue maman sur le tard ! », aime clamer Anne-Lise. A 46 ans, cette journaliste et auteure publiée est l’heureuse maman de Clément (4 ans). Enceinte à 41 ans, elle a eu cette chance de vivre sa grossesse loin des discours anxiogènes et alarmistes. « J’ai tapé ‘grossesse tardive’sur Google. Et là, je ne tombe que sur des articles effrayants évoquant les grossesses tardives à risque. Bébé trisomique, prématuré…de quoi faire paniquer de nombreux parents ! Ce n’était pas ma réalité. J’ai été suivie normalement et ma grossesse s’est très bien déroulée. Alors je me suis dit qu’il y avait un autre discours à apporter en matière de parentalité tardive », nous confie Anne-Lise. Auteure du livre Avoir un enfant à 40 ans (ou presque), éd. Eyrolles ainsi que d’un média en ligne destiné à la parentalité tardive (avoir-un-enfant-40-ans.fr), Anne-Lise est allée à la rencontre de parents quadra et experts des grossesses tardives afin de porter un message moins alarmiste. Aux côtés de Agathe Girod-Roux, elle aussi journaliste et maman sur le tard, Anne-Lise a enquêté afin de rédiger cet ouvrage, paru en janvier 2019. Nous l’avons rencontré, elle nous parle sans tabou de sa grossesse tardive.

« Je ne me projetais pas en tant que mère. Je me disais que je n’aurai pas d’enfant »

Bassiste dans un groupe de rock jusqu’à ses 35 ans, Anne-Lise enchaînait les tournées et les albums. Une vie peu compatible avec la maternité. « Je ne me projetais pas en tant que maman. Je me disais que je n’aurais pas d’enfant, nous confie Anne-Lise. Il faut dire que dans mon environnement, je côtoyais peu d’enfants. Et j’avais un tas de copines qui n’en avaient pas non plus ». Puis, Anne-Lise a connu un changement de vie. « Cela devenait compliqué de vivre de ma passion. J’avais alors 35 ans et je devais trouver un autre métier. C’était aussi la fin de mon couple. Ce chapitre de ma vie semblait se clôturer à tous les niveaux », ajoute l’auteure. Alors qu’elle devait se réinventer, Anne-Lise a l’opportunité de travailler dans le digital. Une reconversion qui l’amène à rencontrer un homme, déjà papa depuis 3 ans. Elle découvre alors la vie de famille malgré elle, et contre toute attente, elle s’y plait. « J’aimais les câlins du matin, les jeux avec ce petit garçon, partage Anne-Lise. D’un coup, je me suis surprise à me projeter dans une vie avec un enfant ». C’est à 40 ans qu’Anne-Lise décide d’arrêter la pilule –après 20 ans de prise- dans l’espoir d’une grossesse. « J’étais consciente de mon âge, mais j’avais l’espoir que les choses fonctionnent », confie la journaliste. Malheureusement, aucun signe de grossesse ne surviendra les six mois suivants. Anne-Lise décide alors d’entamer des examens auprès de sa gynécologue. « J’ai une réserve ovarienne et j’ai encore des ovocytes…Des résultats corrects d’après ma gynécologue », ajoute Anne-Lise. Les mois passent encore…et toujours aucun signe de grossesse. « Ma gynécologue me conseille alors de consulter un de ses confrères spécialiste de PMA (la procréation médicalement assistée, également appelée assistance médicale à la procréation, est un ensemble de pratiques cliniques et biologiques où la médecine intervient dans la procréation, ndlr). Elle me suggère de passer par l’insémination artificielle pour favoriser la rencontre entre l'ovocyte et le spermatozoïde. L’insémination consiste à injecter le spermatozoïde dans l’utérus. On considérait que j’avais encore assez d’ovocytes pour qu’il y ait une rencontre ». C’est le moral à plat qu’Anne-Lise regagne son domicile après sa consultation. « Je ne suis pas sûre d’avoir le courage de vivre ça ».

« Trois semaines plus tard, mon test de grossesse est positif »

« Il se passe alors quelque chose d’incroyable, mais de courant, si l’on en croit ma gynécologue. Je tombe enceinte de façon spontanée trois jours après ! Premier symptôme de grossesse : mes règles ne sont plus là. Je pratique un test de grossesse. Il est positif », confie Anne-Lise. Une fois dans le cabinet de la gynécologue, cette dernière lui assure « qu’envisager la PMA marche à tous les coups (ou presque) ! ».

« J’ai compris la dimension psychologique qui joue un rôle énorme. Je pense que mon corps s’est manifesté lorsqu’on a évoqué la PMA », assure Anne-Lise. Très vite, la grossesse se concrétise. Nausées, insomnies, fatigue…Pourtant, Anne-Lise savoure et prend conscience de la chance qu’elle a. « Evidemment, ma grossesse surprend beaucoup ! Mon entourage ne s’attendait pas (plus) à ce que je devienne maman », partage-t-elle. La grossesse se passe globalement bien pour Anne-Lise. « Je garde en tête que je suis enceinte et pas malade. Je continue à faire du sport et vivre normalement. Et ça me réussit plutôt bien. Je surveille néanmoins davantage mon alimentation durant la grossesse. Je prends 7 kg au total. Mais j’ai un suivi de grossesse normale, tient-elle à préciser. Pour l’accouchement, je me prépare un peu comme une sportive. J’accouche par voie basse relativement facilement. Mon fils est en bonne santé et je me remets assez vite ». Le retour à la maison suit la même dynamique. « Mon homme, déjà papa, était un réel atout. Il me rassurait beaucoup et était opérationnel pour les soins de notre enfant. Le baby blues ne survient pas, par chance. Le lien avec mon enfant se fait de manière naturelle, alors que jamais je n’aurai pensé en avoir ! ».

« Une fatigue à gérer au quotidien qui se ressent passé 40 ans »

« De l’extérieur, mon quotidien ressemble à celui d’une maman de 30 ans, estime Anne-Lise. Mon travail de journaliste, l’intendance du foyer, les moments où je dois récupérer mon fils à l’école… Cest la course ! Pourtant, j’ai conscience que chaque moment que je vis avec mon enfant est unique. Je ne les revivrais pas une deuxième fois ». Chaque mercredi, elle consacre alors son après-midi à son petit garçon. « Il y a néanmoins, une fatigue à gérer au quotidien qui se ressent plus passé 40 ans. Éduquer un enfant demande beaucoup d’énergie. Une de mes préoccupations est ainsi de rester jeune et en forme ».

A lire pour aller plus loin

Avoir un enfant à 40 ans (ou presque), Anne-Lise Pernotte et Agathe Girod-Roux,  éd. Eyrolles

Propos recueillis par Emmanuelle Jung, journaliste pour HelloConsult (helloconsult.com)