Faim ou juste une envie de manger : comment savoir ?

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Avouez-le, cette question vous taraude alors que vous louchez l’air de rien sur les belles chouquettes, trônant sur le bureau de votre collègue. Est-ce que j’ai faim ? Envie de manger ? Ou, est-ce l’ennui ? Des experts partagent leur théorie.

« Que le moteur soit la faim, la gourmandise, la simple envie ou encore l’affect, manger, assimiler et éliminer constituent des besoins physiologiques essentiels dont la satisfaction assure et pérennise la vie », estime Jacques-Pascal Cusin chercheur spécialiste en alimentation, et auteur de Quand la bouffe nous bouffe (éd. Albin Michel). Mais selon lui, il y a une grande différence physique entre la sensation de faim et l’envie irrépressible d’un muffin aux trois chocolats. « L’instinct de survie dicte la faim, alors que c’est le besoin psychologique qui répond au grignotage », confirme-t-il. Dans la même optique, Mauranne Raillier, nutritionniste et auteure, associe « envie de manger » au psychisme et la « faim » à une réelle sensation corporelle. On vous en dit plus.

Faim et envie, quelle différence ?

Selon les spécialistes, il est à la portée de tous de déterminer si nous avons faim, ou juste l’envie de manger. Pour Mauranne Raillier, « la faim est une sensation corporelle, parfois désagréable se caractérisant par des crampes, voire une impression de grand vide au niveau de l’estomac. Cela peut même amener une faiblesse physique, des difficultés de concentration, de l’irritabilité ou une hypoglycémie ». Ces crampes d’estomac liées à la faim peuvent parfois être confondues avec des maux de ventre classiques. Au contraire, l’envie de manger va simplement assouvir un besoin émotionnel. « Le but sera de trouver du plaisir sans réel besoin physique, sans sensation corporelle. Elle surviendra grâce à un attrait pour un aliment, ajoute la nutritionniste. Cette sensation peut même devenir une obsession si l’envie n’est pas assouvie ». De son côté Jacques-Pascal Cusin identifie des moments qui seront plus propice à l’envie de grignoter qu’à la réelle faim. « Certes, les manifestations physiques sont à prendre en compte. Mais il ne faut pas oublier que certaines situations nous rendent plus faibles face au grignotage ». Ce dernier pense aux moments de grand stress, au manque de confiance en soi, à une frustration, voire une profonde tristesse qui génèrent une envie de grignoter pour trouver l’apaisement et le plaisir via la nourriture. Et selon Jacques-Pascal Cusin, nos charmants collègues de l’openspace ne sont pas les seuls à attiser notre envie de nourriture ! « La publicité alimentaire est partout. L’affichage dans les transports d’un gâteau fourré au chocolat n’aide pas. Les papilles sont stimulées sans arrêt à cause du matraquage publicitaire. Cet étalage a un réel impact », alerte-t-il.

La sensation de faim physiologique et essentielle

Pour Mauranne Raillier, nous nous évertuons sans cesse à vouloir calmer nos sensations de faim. « Nous sommes dans une société qui ne supporte pas d’avoir faim. Du coup, nous sommes nombreux à manger dès que le premier signe apparaît. Or, c’est physiologique d’avoir faim ! Et selon le moment ou apparaît la sensation, il convient de se poser les bonnes questions : mon repas, était-il trop ou pas assez copieux ? Etait-il adapté à mes besoins ? Dois-je changer ma façon de manger ? ». Ainsi, manger trop souvent sans faim va diminuer la perception du signal de faim et les sensations corporelles liées à celles-ci pourront se trouver faussées. Si vous ne ressentez jamais la faim, peut-être devriez-vous revoir votre façon de manger et les quantités consommées. « Un repas contenant des protéines (animales ou végétales) et des fibres rassasie plus longuement qu’un repas dépourvu de ses propriétés, selon la nutritionniste. Au contraire, un repas sans protéine et sans fibre provoquera une fringale plus rapidement ».

Que faire en cas de sensation de faim ?

Manger pardi ! « Certes, le conseil peut sembler étrange. Certaines personnes vont se priver de manger par culpabilité en pensant ‘il n’est pas l’heure’ ou ‘le dernier encas était il y a peu’. Au contraire, en cas de faim, ne vous laissez pas affamé trop longtemps, conseille Mauranne Raillier. Mais mangez doucement, car cela augmente le temps de satiété et diminue l’envie de se resservir ». Son astuce si vous avez tendance à manger trop vite ? Remplacer vos couverts par des baguettes chinoises ou par une petite cuillère. Vous serez moins rapide d’un coup !

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