Douleurs chez la femme durant le sexe: comment les interpréter ?

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La souffrance lors des rapports sexuels arrive plus souvent qu’on ne le pense. Souvent, les douleurs sont passagères, mais il arrive qu’elles persistent et une femme peut rapidement se retrouver bloquée, sans savoir comment retrouver une sexualité normale. On vous explique quelles peuvent être l’origine de ces douleurs avec Anne Marie Lazartigues, sexologue à Paris.

Il y a une multitude de causes possibles aux douleurs d’une femme lors d’un rapport sexuel. Dans certains cas, l'origine est évidente : mycose, épisiotomie mal cicatrisée... Elle sait alors d’où les douleurs viennent. Mais souffrir sans savoir pourquoi peut engendrer en plus une détresse psychologique si la situation se prolonge. Avant toute chose, il faut apprendre à se relaxer avant et pendant l’amour, « et ne pas hésiter à intensifier le temps des préliminaires », recommande Anne Marie Lazartigues, sexologue. En revanche, si les douleurs reviennent à chaque rapport, ou tentative de rapport, il est logique de consulter un gynécologue.

Douleurs au début de l’acte : attention aux allergies

Anne Marie Lazartigues distingue deux types de douleurs pendant l’acte sexuel : les douleurs au moment de la pénétration, qui la rendent difficile ou même impossible, et les douleurs profondes, qui arrivent quand la pénétration est complète. « Dans le premier cas, il peut y avoir des malformations, ou un hymen qui est très épais. Le gynécologue peut le constater lors d’un examen. » Mais ces malformations sont rares, et très souvent, les douleurs ont une cause très simple : « Déjà, il y a des femmes qui pensent que c’est bien de se laver à l’intérieur du vagin. Or, c’est de cette manière qu’on déséquilibre son Ph vaginal : les micro-organismes à l’intérieur sont utiles pour la lubrification. Le vagin se lave très bien tout seul », précise la sexologue. « Ensuite, il faut faire attention aux allergies causées par les produits qu’on utilise ». Il vaut donc mieux se laver avec un gel douche sans savon et neutre, pour préserver sa flore vaginale. Les douleurs peuvent aussi venir d’eczéma, ou de sécheresse vaginale quand les femmes sont plus âgées, notamment après la ménopause. En cas de sécheresse ou même de stress causant un problème de lubrification, l’utilisation d’un lubrifiant à base d’eau peut arranger les choses, et diminuer l’appréhension. Une allergie au latex peut aussi entraîner des brûlures, dans ce cas, un examen est nécessaire pour la détecter.

Les mycoses et le vaginisme : plus fréquent qu’on ne le croit

Les mycoses sont bien plus fréquentes qu’on ne le croit : 75 % des femmes auraient une mycose vaginale au moins une fois dans leur vie. « Il arrive souvent qu’on ne s’aperçoive pas qu’on souffre d’une infection, jusqu’à ce qu’on ait des douleurs pendant le sexe », explique la sexologue Anna Marie Lazartigues. Elles sont souvent bénignes, et il suffit en général d’une crème et d’un ovule pour guérir. Néanmoins, quand les mycoses récidivent, il faut en parler à un gynécologue pour ne pas s’enfermer dans un cercle vicieux : des médicaments plus puissants (que ceux sans ordonnance) peuvent être prescrits pour en finir. Quant au vaginisme, il est, selon Anne Marie Lazartigues, l’une des premières causes de douleurs féminines durant l’acte : « il s’agit d’une contraction des muscles périnéaux, qui engendre une douleur lors de la pénétration et du va-et-vient. La pénétration peut devenir alors impossible. » Souvent, cette contraction est inconsciente « la femme peut se mettre trop de pression, ou tout simplement être stressée » explique la sexologue. Pour guérir, il faut qu’elle apprenne à se détendre et à ne plus craindre les rapports, en dialoguant avec un sexologue ou un psychiatre. « Le manque de désir est aussi l’une des premières causes de douleurs. Car, sans désir, il n’y a pas de lubrification, tout simplement… » rappelle Anna Marie Lazartigues. En effet, si les douleurs sont arrivées lors d’un changement de partenaire, il faut se demander si ce n’est pas lié à des difficultés avec lui.

Des douleurs dues à l’appréhension… de la douleur

« Je vois très souvent en consultation des femmes jeunes qui ont eu à un moment une mycose vaginale, ce qui a été la cause de douleurs. Elles sont soignées et la douleur disparait. Mais quelques semaines après, la douleur revient. Il n’y a pas de lésions, pas de signes d’infection, alors leur gynécologue fait un prélèvement, pour voir s’il y a des germes, mais il n’y a rien », raconte Anne Marie Lazartigues. Alors tout se gâte. Les femmes commencent un parcours très long et compliqué : comme les médecins leur rabâchent qu’elles n’ont rien, elles vont s’en remettre à la sexologue. « Elles ne comprennent pas, car elles sont persuadées d’avoir quelque chose : c’est comme si le corps avait une mémoire de la douleur. Il faut donc qu’elles récupèrent une absence de crainte par rapport à la pénétration et par rapport à leur sexe. Beaucoup de femmes ne se représentent pas bien leur sexe ». La sexologue leur prescrira alors de la kiné, des massages manuels ou des dilatateurs vaginaux de taille progressivement croissant, pour qu’elles se réhabituent à accepter la pénétration. On peut aussi leur prescrire « des séances avec un kiné-sexologue pour leur aider à reprendre conscience des muscles de leur périnée, explique Anne Marie Lazartigues. Ils ont un grand rôle d’accompagnement et de soutien ».

Les douleurs profondes : attention à l’intestin

Les douleurs « profondes » sont tout aussi gênantes, même si elles n’empêchent pas la pénétration. Souvent, elles arrivent lors de certaines positions ou certains mouvements, et peuvent provoquer une inflammation ou une irritation. « Dans la grande majorité des cas, il s’agit du syndrome de l’intestin irritable, explique Anne Marie Lazartigues, qui est bien plus fréquent qu’on ne le croit. Mais il n’y a rien à faire contre ça. Il faut que la femme prenne conscience de son corps et comprenne ce qui se passe à l’intérieur : il est normal qu’elle sente des choses, l’utérus est proche de l’intestin, et elles peuvent le sentir », détaille-t-elle. « La simple prise de conscience aide généralement à diminuer les douleurs ». Les femmes souffrant de la maladie de Crohn peuvent également ressentir des douleurs pour cette même raison. Si vous souffrez, il faut garder à l’esprit qu’il n’a rien de mieux que le diagnostic d’un professionnel. Si vous ne vous sentez pas écoutée par votre gynécologue, n’hésitez pas à en changer.

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