Déserts médicaux, pénurie de médecins… Ce que propose le projet de loi santé

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« Numerus clausus », refonte de la carte hospitalière, carnet de santé numérique… Le projet de loi santé n’omet aucune sphère de la médecine cette semaine à l’Assemblée. Le texte de loi, porté par la ministre de la Santé Agnès Buzyn, prévoit un certain nombre de mesures visant à améliorer notre système de santé.

Ce projet de loi est sensé améliorer l’accès aux soins sur le territoire français. Fin du « numerus clausus » pour les étudiants en médecine, nouvelle carte hospitalière, carnet de santé de numérique…Le projet de loi fait l’objet d’un débat, entamé lundi 18 mars 2019 à l’Assemblée. Tiré en partie des mesures du plan Ma Santé 2022, détaillée en septembre dernier par Emmanuel Macron, il entend un meilleur accès aux soins sur l’ensemble du territoire et une modernisation des parcours de soins des patients. Pour arriver, la ministre souhaite faire en sorte que davantage de médecins soient formés et qu’ils soient mieux répartis sur le territoire. « Les nouveaux besoins des patients, placés au centre des évolutions à venir, donnent le sens de cette transformation », partage le ministère de la Santé.

Fin du numérus clausus pour former 20 % de médecins supplémentaires

Ce concours fait frémir tous les étudiants de première année de médecine. Il se pourrait bien qu’il appartienne bientôt au passé. Supprimer le numérus clausus à la rentrée 2020 est l’une des mesures phares de la loi santé. Chaque année, c’est 80 % des 60 000 candidats sont recalés avant le passage en deuxième année. En y mettant fin, Agnès Buzyn espère pouvoir former 20 % de médecins supplémentaires. « Les universités décideront des effectifs, en fonction des capacités, des formations et des besoins de santé sur le territoire », selon Agnès Buzyn. De leurs côtés, les doyens d’université restent sceptiques : comment faire face à l’afflux d’étudiants supplémentaires ? Comment être sûr de pouvoir leur assurer les stages, alors qu’il est déjà si difficile d’insérer les étudiants dans les services à l’heure actuelle ?

Les pharmaciens aptes à délivrer certains médicaments

Si l’abolition du numérus clausus devrait permettre à davantage de médecin d’exercer, ces derniers seront opérationnels d’ici une dizaine d’années seulement. Les études médicales étant relativement longues. Dans l’intervalle, le ministère de la Santé souhaite compenser la pénurie. Des amendements permettraient ainsi aux pharmaciens de délivrer certains médicaments, sans ordonnance, ou de déléguer des tâches au personnel paramédical. Une autre mesure devrait aussi obliger les médecins traitants à accepter de nouveaux patients. Un amendement qui n’est pas pour plaire à ces derniers…

500 à 600 hôpitaux de proximité

Avec le plan santé, le ministère de la Santé espère pouvoir garantir un meilleur accès aux soins sur l’ensemble de l’hexagone. Pour cela, la carte hospitalière se verra revisitée, avec des missions redéfinies pour les hôpitaux de proximité et des structures chargées d’apporter une réponse aux besoins de premier recours, sans chirurgie ni maternité. L’objectif ? Labelliser entre 500 et 600 hôpitaux de proximité d’ici 2022 (contre 243 actuellement).

Carnet de santé numérique

Un carnet de santé numérique sera à disposition de l’ensemble des patients d’ici 2022. Toutes leurs données médicales seront regroupées dans un espace numérique personnel pour assurer un meilleur suivi et partage du dossier. Enfin, la loi santé tient à développer la télémédecine dans son ensemble. Grâce au développement des téléconsultations, la ministre de la santé espère lutter contre les déserts médicaux, et aussi, fluidifier les parcours de soins des patients.

Article réalisé par Emmanuelle Jung, journaliste chez HelloConsult (helloconsult.com)

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