Dépression : les signes qui doivent alerter

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19 % des Français vivront un jour une dépression… et ce chiffre est en constante hausse. Si l’on en parle de plus en plus, la dépression reste souvent considérée comme honteuse, car associée – à tort – à de la fragilité. C’est pourtant une vraie maladie, à ne pas sous-estimer, qui nécessite un accompagnement psychologique, voire médicamenteux.

La dépression est l'une des maladies psychiques les plus répandues dans le monde. En 2010, 7,5 % des 15-85 ans auraient vécu un épisode dépressif, avec une prévalence deux fois plus importante chez les femmes que chez les hommes*. Mais la dépression ne concerne pas uniquement les adultes. Entre 2,1 à 3,4 % des enfants seraient concernés, et ce chiffre atteint  14 % chez les adolescents. Alors, comment savoir si ce que l’on vit s’apparente à une vraie dépression, et non à une simple « déprime » ? Un certain nombre de signes peuvent aider à l’identifier.

Neuf signes à connaître

Pour se différencier de la déprime, la dépression doit durer au moins deux semaines – mais la plupart des épisodes durent plus longtemps. Officiellement, il existe neuf symptômes majeurs dans la dépression. Ceux-ci sont décrits par le DSM-IV (Diagnostic and Stastitical Manual of Mental Discorders), l’ouvrage médical de base pour le diagnostic des maladies mentales.  Si vous présentez au moins cinq de ces symptômes (dont une tristesse permanente ou un désintérêt de tout), alors il est très probable que vous soyez en dépression. Néanmoins, seul un diagnostic médical peut l’affirmer avec certitude. Si vous pensez en être atteint, consulter un psychologue est le premier pas vers la guérison.

Une tristesse permanente et un désintérêt pour tout

Vous vous sentez constamment triste ? Voir même… vide ? Alors que vous ne pouvez pas donner de raison à votre tristesse ? C’est le premier signe de dépression : une tristesse sans « motif précis ». Si en plus vous pleurez tout le temps sans raison et vous vous sentez désespéré, incapable de remonter la pente, il faut vous poser des questions. Un autre signe, qui est lié à cette tristesse, c’est un « désintérêt marqué » pour la quasi-totalité des activités que vous aimez normalement. Ces hobbies qui vous donnaient du plaisir avant vous semblent aujourd’hui fades et sans intérêt ? Plus rien ne vous intéresse ? C’est aussi un signe de dépression. Ce désintérêt peut aussi toucher la libido, la plupart du temps inexistante lors d’une dépression – même si tout le monde réagit différemment.  

Troubles du sommeil et fatigue au quotidien

Les troubles du sommeil peuvent se traduire de deux manières : l’insomnie ou l’hypersomnie. Une personne dépressive peut ne plus trouver le sommeil à cause des inquiétudes liées à son état – que vais-je devenir ? Comment m’en sortir ? Malgré son importante fatigue, les pensées parasitent son esprit et l’empêchent de « lâcher prise ». Si vous vous réveillez plusieurs fois par nuit pendant de longs moments, vous souffrez sûrement d’anxiété.  Quant à l’hypersomnie (qui se traduit par un temps de sommeil nettement supérieur à la moyenne), dans la majorité des cas, la personne fuit la souffrance en dormant. Il peut aussi s’agit d’un manque d’intérêt à son paroxysme : « Pourquoi se lever puisque plus rien ne m’intéresse ? » Ainsi, la personne dépressive se sent fatiguée en permanence. Ce manque d’énergie la met en difficulté et l’empêche de vaquer à ses activités.

Idées noires et dévalorisation

Vous vous sentez nul et incapable ? Pire, vous avez l’impression de ne rien réussir ? Lors d’un épisode dépressif, il est classique de ressentir un sentiment excessif de dévalorisation envers soi-même, voir même un sentiment de culpabilité important – qui n’a souvent rien à voir avec la réalité. Il s’agit d’un dysfonctionnement cognitif qui diminue la capacité de raisonnement, et peut même entraîner, lorsqu’il est ajouté à une difficulté de concentration (point suivant), une incapacité à prendre toute décision. En prolongement de cela, des idées noires peuvent prendre possession de la personne dépressive. Elles se traduisent par des pensées récurrentes à la mort ou au suicide, parfois jusqu’à imaginer le scénario de sa mort.

Des difficultés de concentration

Saviez-vous que la dépression peut entrainer un ralentissement psychomoteur ? Les personnes atteintes de troubles dépressifs ont des gestes ralentis et un débit de paroles lent. Cette lenteur peut aller jusqu’à atteindre certaines fonctions biologiques comme la digestion. Mais il n’y a pas de généralités, car dans d’autres cas, cette évolution psychomoteur peut être d’avantage caractérisée par de l’agitation. Des difficultés de concentration sont également très souvent présentes, car liées au désintérêt, à la fatigue et aux troubles du sommeil.

Des fluctuations de poids

La dépression engendre souvent des troubles de l’alimentation. Ils sont différents selon les personnes : cela peut se traduire par une perte de poids significative sans régime, ou au contraire une prise de poids importante. Certains ne voient plus l'intérêt de manger – cela peut être lié au point précédent – quand d’autres se jettent sur la nourriture pour combler un « vide intérieur ». La nourriture devient alors un réconfort, et la dépression peut engendrer dans les cas les plus extrêmes une boulimie.

L’acceptation : le premier pas vers la guérison

La dépression est une maladie complexe. Comme chaque personne est différente, chaque dépression le sera aussi. Pour entrer dans un processus de guérison, il est essentiel de comprendre que tous ces symptômes sont liés à une maladie. Si vous êtes touché par un épisode de dépression, ne vous sentez pas coupable, mais concentrez-vous sur la guérison, comme pour n’importe quelle maladie. C’est bien ce que conseillent Michael Addis et Christopher Martell au sein de leur ouvrage « Vaincre la dépression une étape à la fois » : le plus important est de se remettre à des activités normales petit à petit, sans culpabiliser.

* Selon l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES)

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