Dépendance affective: se prendre en main étape par étape

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Nouveau terme à la mode ou réel mal-être ? Les deux, semble-t-il. Entre passion amoureuse et dépendance affective, la frontière est parfois difficile à reconnaître. Comment savoir si nous sommes concernés ? Et surtout comment surmonter la dépendance affective ? Voici un semblant de réponse.

Pour Geneviève Krebs, psycho praticienne et coach en entreprise, il ne fait aucun doute : la dépendance affective est une réelle souffrance. Auteur du livre Dépendance affective, Six étapes pour se prendre en main et agir(éd. Eyrolles), elle décrit ce mal-être comme une peur incontrôlée du vide et de l’abandon. « Un déclencheur qui a fait nous sentir non-aimable et qui nous maintient dans un état d’insécurité permanent », explique-t-elle. Les personnes souffrant de dépendance affective ont perdu toute confiance en elles et envers les autres. « Cela pousse le dépendant à développer des comportements obsessionnels et agir avec démesure, acceptant l’inacceptable et s’investissant pour l’autre tel un sauveur », ajoute Geneviève Krebs. Mais comment décrypter ce mal-être au quotidien ? Suis-je dépendant ? Comment se prendre en main ? Quelques pistes.

Un besoin de sensations pour combler le vide

La conviction de ne pas être suffisamment bien pour être aimé. Cela devient SA vérité. Et peu importe si les preuves du contraire se présentent. Le dépendant affectif ne les verra pas. Ce dernier aura l’impression qu’il trouvera la réponse à son mal-être à l’extérieur. « Un partenaire, un ami, un collègue… Toute personne peut être l’objet de vampirisme », estime la coach. Ses comportements au quotidien ? Les sensations à outrance comme l’amour, le sexe, l’alcool, les cigarettes, la fête ou encore les achats compulsifs. Tout est bon pour donner au dépendant la sensation d’être « bien vivant ». Ces excès vont combler le sentiment de vide et vont stopper les angoisses en le rassurant.

Etape 1 : je fais face à ma souffrance

L’amour et la dépendance n’ont rien en commun. Tant que le dépendant n’a pas compris que la réponse à son mal-être est en lui, il continuera à la chercher à l’extérieur. Son enjeu est de trouver une personne capable de combler le manque ressenti. Et pour être apprécié, le dépendant affectif est prêt à tout. Malheureusement, le résultat obtenu est rarement satisfaisant. « Mathilde, qui venait me consulter se plaignait de ce sentiment de solitude qui l’habitait, alors qu’elle vivait en couple et avec des enfants. Le vide qu’elle ressentait la faisait tant souffrir qu’elle avait trouvé la parade du papillonnage allant de flirt en flirt en aventure sans lendemain. Juste pour remplir l’instant et la sensation d’exister et de vivre des moments précieux. Il lui aura fallu du temps pour comprendre qu’elle aurait pu divorcer et changer 100 fois de partenaires, son état interne lui aurait semblé toujours aussi vide », raconte Geneviève Krebs. Posez-vous cette question : faites-vous la différence entre amour et passion ? Tendresse et dépendance ? Amusez-vous à mettre les définitions de ces termes sur papier. Ensuite, observer votre propre histoire. « Demandez-vous si la motivation au début de vos relations était sincèrement liée à de l’amour ou à l’heureux évènement qui a pu vous sortir de la solitude », encourage la coach. Pour qu’un problème se résolve, cela doit passer par l’analyse de ce qui l’a provoqué.

Etape 2 : je change ma façon de voir

« L’amour de soi est la clé, pense Geneviève Krebs. Il n’est jamais trop tard pour porter un regard bienveillant sur soi ». Car c’est au moment où l’amour de soi s’installe que l’on va ressentir un soulagement, un « lâcher-prise ». Accordez-vous du temps pour vous. La dépendance affective vous touche au plus profond de vous-même. « Un investissement en temps est nécessaire et gage de réussite », admet la coach. Testez de nouvelles activités. Elles vous aideront à remettre vos convictions en question et à prendre conscience de votre valeur. Et par-dessus tout, aimez-vous !

Etape 3 : je lutte contre mes peurs

Geneviève Krebs conseille d’affronter ses peurs afin de mieux maîtriser l’objet de vos angoisses. L’idée est de vous mettre volontairement dans des situations, qui habituellement, vous paniquent : une nuit seul dans votre grande maison, une soirée sans votre moitié, quelques jours sans écrans, une journée sans connaître les détails du planning de votre partenaire… L’objectif est de dépasser votre mal-être pour le vaincre. « La finalité est de vous entraîner à l’autonomie », rappelle la coach.

Etape 4 : je m’affirme pour être libre

Sortir de la dépendance affective passe une renaissance et un respect de soi. Prenez conscience de vos qualités qu’il s’agisse de votre vie personnelle ou professionnelle. Sachez reconnaître vos compétences, talents et valeurs, et dévoilez-les afin d’aboutir vos projets. « L’affirmation est un atout précieux, précise la coach. Elle donne du sens à un projet et permet de mieux se faire comprendre ».

Etape 5 : je passe à l’action

Il est grand temps de vous écouter et de vous resocialiser. Reprenez des activités et hobbies qui vous passionnent. Ils laisseront place à la joie et au bien-être de vous sentir vivre. Listez ce que vous, seule, avez envie de faire : aller au cinéma, faire du shopping, reprendre l’équitation… Vous, tout comme votre partenaire, êtes libre d’avancer sur vos chemins respectifs afin de vous réaliser. Il est libre et vous êtes libre !

Etape 6 : je crois en moi

« Que vont dire et penser les autres ? » Grande question ! Avoir peur du regard des autres, c’est avouer le manque d’estime que l’on porte à soi-même. Pour sortir de la dépendance affective, il faut admettre que l’on ne peut pas plaire à tout le monde. « Osez décevoir les autres s’ils ne partagent pas les mêmes valeurs que vous ! Osez vous éloigner de ceux qui ne vous correspondent pas », insiste Geneviève Krebs. Concrètement, démarquez-vous. Si vous avez une obligation d’informations envers vos proches (pour des questions d’organisation notamment), vous n’avez aucune obligation d’approbation ni de leur autorisation. En couple, en famille, ou entre amis, vous restez une personne libre !

A lire pour aller plus loin

Dépendance affective, Six étapes pour se prendre en main et agir, Geneviève Krebs, éd. Eyrolles

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