Comment traiter la dépression saisonnière ?

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La dépression saisonnière peut s’immiscer dans vos vies dès le début de l’automne. A ne pas confondre avec le blues hivernal, elle constitue un réel trouble dépressif, qui peut durer jusqu’au printemps. Comment savoir si nous sommes concernés ? Comment traiter ? On vous dit tout.

Alain Heril, psychanalyste, qualifie la dépression saisonnière de « mal moderne », qui survient particulièrement dans l’hémisphère nord. Selon lui, 7 % de notre population en souffrirait. Il s’agit d’un épisode de dépression qui s’installe à l’arrivée de l’automne ou au début de l’hiver, et qui peut durer jusqu’au printemps, s’il n’est pas traité. Sa réelle cause n’est pas officiellement reconnue, mais la diminution de la luminosité à l’issue de la saison estivale joue un rôle important, semble-t-il. Si la dépression saisonnière touche principalement les femmes (75 % des personnes atteintes), elle peut concerner chacun d’entre nous. Les enfants ne sont pas épargnés. On estime à 2 ou 3 % de victime à partir de 10 ans.

La dépression saisonnière n’est pas juste un « coup de blues » !

La dépression saisonnière ne doit pas être négligée. Il ne s’agit pas d’un simple « coup de blues », ce que la plupart d’entre nous ressent de temps en temps. Le blues est passager et n’est pas un frein à notre train-train quotidien. En revanche, la dépression saisonnière va altérer notre travail, notre vie courante et peut aussi entraver nos relations ! Si elle n’est pas traitée, elle peut même devenir chronique.

Comment savoir si je fais une dépression saisonnière ?

Les symptômes de la dépression saisonnière reviennent à la même période chaque année : en principe, lors d’un changement de saison radical. Bien souvent, la personne dépressive subit des troubles de l’humeur et n’est pas consciente de son état. Concrètement, la dépression saisonnière peut se traduire par un sentiment de tristesse profond, une indifférence affective allant jusqu’à un manque d’intérêt et de plaisir lors des activités quotidiennes. Dans certains cas extrêmes, la personne dépressive sera très irritable, hypersensible et subira une fatigue chronique allant jusqu’à l’hypersomnie. D’autres prendront du poids, ou au contraire en perdront. Des maux de tête et une baisse de la concentration sont aussi des symptômes de la dépression saisonnière. Enfin d’autres remarqueront peut-être une baisse de la libido. Si vous êtes confronté à ces symptômes, une prise en charge s’impose.

Dois-je consulter ?

Qu’elle soit saisonnière ou non, la dépression nécessite un suivi par un professionnel de santé. Vous ne vous en sortirez pas sans aide. Votre médecin diagnostiquera une dépression saisonnière si vos symptômes durent plus de deux semaines et si votre état de mélancolie est quasi constant. Si ces symptômes deviennent un frein à vos activités quotidiennes, votre médecin pourra vous proposer un traitement. A ne pas négliger !

Quels sont les traitements possibles ?

Pour pouvoir s’en sortir, il faut commencer par admettre que l’on souffre et se résoudre à consulter un professionnel. C’est le premier pas vers la guérison. Pour traiter la dépression saisonnière, une psychothérapie est recommandée. Selon votre état, votre psychiatre vous prescrira, ou non, des médicaments antidépresseur. En parallèle, la luminothérapie a aussi fait ses preuves. Il s’agit de combler le manque de luminosité, qui a sûrement, contribuer à votre mal être en ce changement de saison. Cette thérapie consiste à exposer votre peau et vos yeux à une lumière, qui s’apparente aux rayons du soleil (mais sans infrarouge ni ultraviolets). Dispensées durant une demi-heure, ces séances sont proposées dans des cabines spécialisées. Enfin, votre médecin peut aussi vous soigner grâce à l’homéopathie. En complément d’une prise en charge adaptée, ce traitement implique la prise de granules matin et soir, dont les dosages seront définis par votre homéopathe.

Traiter la dépression saisonnière par l’alimentation

Vaincre la dépression peut aussi passer votre assiette. Si une psychothérapie est indispensable, ajuster votre alimentation jouera aussi un rôle dans votre guérison.  Misez sur les oméga-3, car ils incluent des propriétés antidépressives. Au moins 3 fois par semaine, régalez-vous avec des poissons gras tels le saumon ou maquereau. Consommez de l’huile de colza ou de noix. Enfin, pensez aux bananes, au chocolat et aux noix, car ils apporteront une dose de magnésium. Surtout, évitez les excès d’alcool qui n’améliorent en aucun cas les états dépressifs.

A lire pour aller plus loin

Pour surmonter la dépression saisonnière, Alain Heril, éd. Bussière