Comment savoir si je suis intolérant au lactose ?

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Diarrhées, ballonnements, nausées ? Et si le coupable était le lactose ? La réponse en 5 questions.

Intolérance et allergie : c’est la même chose ?

Pas du tout. « A l’inverse de l’allergie, l’intolérance au lactose n’a aucun rapport avec le système immunitaire ! », prévient Florence Pujol diététicienne-nutritionniste, auteure de Je mange et je suis bien (éd. PUF). Les symptômes de l’intolérance au lactose sont donc uniquement digestifs : gaz, ballonnements, diarrhées, éventuellement nausées ou vomissements (surtout chez les enfants). Ces derniers peuvent eux-mêmes entraîner des symptômes « secondaires » : fatigue, migraines, etc. L’intensité et la quantité de ces symptômes dépendant de chacun.

Quelles sont personnes les plus touchées ?

Le lactose est digéré par la lactase, une enzyme adaptative, dont la production diminue avec l’âge. Il est donc assez courant que l’on digère moins bien le lait à l’âge adulte. De plus, moins on avale de lait et moins le corps fabrique de lactase. Or, le lait n’est pas un aliment couramment consommé par les adultes, contrairement aux enfants et ados qui en prennent assez systématiquement au petit déjeuner. A cela s’ajoutent des disparités géographiques assez notables. Selon une étude publiée dans The American Journal of Clinical Nutrition en 2001, 17 % des habitants du Nord de la France seraient intolérants contre 65 % dans le Sud. La raison selon les scientifiques ? La mutation génétique qui permettrait de digérer le lait à l’âge adulte serait héritée des peuples d’éleveurs du Néolithique, principalement installés dans les contrées nordiques.

L’intolérance peut-elle se déclarer à tout moment ?

« Chez l’adulte qui ne consomme jamais de lait, les dérangements intestinaux sont probables lors de la première réintroduction », explique Florence Pujol. Si on continue à consommer du lait malgré tout, le corps va produire à nouveau plus de lactase, mais il faut compter un temps d’adaptation… qui devient de plus en plus important à mesure que l’on vieillit.

« L’intolérance peut aussi survenir à la suite d’une maladie qui a enflammé la muqueuse intestinale (gastro-entérite par exemple, mais aussi maladie de Crohn, maladie cœliaque, parasitose), explique encore la spécialiste. On parle alors d’intolérance post-inflammatoire ». Après une gastro-entérite par exemple, l’organisme a besoin d’une semaine à un mois pour se « réparer » au niveau digestif.

Quand surviennent les symptômes ?

Contrairement à l’allergie, les symptômes de l’intolérance au lactose ne sont pas violents et peuvent s’apparenter à des troubles digestifs mineurs voire même passer inaperçus. Ils surviennent 20 minutes à 2 heures après la prise alimentaire et cessent si on supprime le lait. « Les produits laitiers comme les yaourts ou le fromage, qui contiennent de la levure ou sont fermentés, suscitent beaucoup moins d’intolérance, car les molécules de lactose sont alors cassées, prédigérées en quelque sorte », précise Florence Pujol.

Que faire en cas d’intolérance ?

En cas de doute, le mieux est de faire une « enquête alimentaire » avec un professionnel de la diététique, notamment un diététicien (plutôt qu’un allergologue) qui a une connaissance approfondie des aliments. La bonne attitude en cas d’intolérance déclarée ? Eviter de consommer du lait, tout simplement.

A lire pour aller plus loin

Je mange et je suis bien, Florence Pujol, éd. PUF

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