Comment prendre soin de son cœur ?

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Un constat alarmant établie par le cardiologue, Fabien Guez. Nous ne  prenons pas soin de notre petit cœur. En partant du principe que les patients sont « des baratineurs » et n’en font qu’à leur tête, le praticien a décidé de prendre le problème dans le sens inverse en publiant Comment avoir une crise cardiaque (éd. Hugo-Doc). De manière décalée et provocante, le Dr Fabien Guez nous explique comment choyer cet organe vital. Nous l’avons rencontré.

Au fil des pages, plusieurs quiz apparaissent. Attention, si vous répondez mal. Le cardiologue vous écrit noir sur blanc que vous devriez pensez à souscrire une bonne assurance vie ! Pince sans rire, le Dr Fabien Guez s’est plu à aborder les problèmes cardiaques d’une façon plus décalée au sein de son livre. Résultat : plus de 50 000 exemplaires écoulés depuis sa sortie en septembre 2018 en France, en Espagne, en Italie et au Portugal. A croire que les patients sont plutôt réceptifs à une méthode peu conventionnelle. « Cela fait 20 ans que je pratique. Et je constate que le patient est le plus grand bluffeur de tous les temps, nous confie le Docteur en souriant. A l’écouter, il ne mange pas gras, ni sucré et pratique du sport régulièrement. On a presque envie d’y croire…jusqu’à voir la tête outrée de sa femme ! ». Pour le praticien, les patients ont rarement conscience de la gravité de leur état. « Avoir une glycémie ou un cholestérol élevé ne va pas entraver votre vie… jusqu’à l’accident. C’est pour ça que j’ai voulu écrire ce livre. Mes patients ne veulent pas m’écouter ? Dans ce cas, je vais leur dire quoi faire pour avoir un infarctus ! », ajoute-t-il.

Qu’est-ce qui se passe dans notre corps lorsqu’on fait une crise cardiaque ?

Le terme exact est l’infarctus du myocarde. Notre cœur envoi le sang via nos artères vers les organes pour les oxygéner. Mais le cœur lui-même est alimenté par les artères coronaires. Lorsque le patient présente des facteurs de risque (cholestérol, diabète, surpoids, tabac), ses artères vont s’encrasser et se remplir d’un liquide gras. « Cela va réduire la lumière des artères, explique le Dr Guez. Et quand le rétrécissement est trop important, le sang tourbillonne et coagule. Un caillot va alors boucher l’artère coronaire qui va se nécroser. Si une trop grande partie se trouve bouchée, le cœur ne pourra oxygéner les organes. C’est ce que l’on appelle la crise cardiaque ». Une fois sur dix, elle est fatale.

Quels sont les signes annonciateurs ?

Une fois sur quatre, une oppression au thorax. « On a l’impression qu’il est écrasé entre deux murs. La tension augmente, décrit le praticien. Et on peut ressentir aussi une irradiation au niveau du bras gauche et dans la mâchoire ». Avant que l’artère ne se bouche complètement, on peut ressentir une douleur au moment de l’effort. « Lors d’une activité physique, le cœur s’accélère. Il a besoin de plus d’oxygène. Sauf que le rétrécissement l’en empêchera. C’est là que les douleurs surviennent ». Chez les femmes, les symptômes peuvent s’avérer différents. « Une fatigue soudaine ou une douleur abdominale, selon le Dr Guez. Parfois, il faut un sixième sens pour détecter la crise cardiaque ».

La crise cardiaque, première cause de mortalité chez les femmes

Si la crise cardiaque touchait plus les hommes auparavant, aujourd’hui, ce sont les femmes en ligne de mire. «Depuis quelques décennies, les femmes travaillent, stressent, fument, et je ne parle pas de l’association tabac-pilule qui est une vraie catastrophe pour notre cœur, précise Fabien Guez.  En outre, les femmes ont des artères coronaires plus fines que les hommes. Ce qui rend l’organe cardiaque plus fragile et plus propice aux infarctus, et le pronostic plus sombre ». C’est ainsi que les femmes ont dépassé les hommes : la crise cardiaque est devenue leur première cause de mortalité.

« L’activité physique est extraordinaire pour le cœur, mais à condition de bien la pratiquer »

« De nombreuses personnes pratiquent le sport de façon inappropriée, déplore le cardiologue. Les activités intenses favorisent la crise cardiaque. Quelqu’un qui s’adonne à plus de 2 ou 3 marathons chaque année, multipliera les risques. Les gens oublient que le sport n’est pas un capital. Il vaut mieux y aller modérément sur les exercices, mais en faire plus souvent ». Plutôt que de pratiquer une activité intense une fois par semaine, mieux vaut se fixer à deux séances hebdomadaires. « Après 3-4 jours, le cœur oubli 75% du bénéfice. En pratiquant du sport une fois par semaine, c’est comme si, à chaque fois, on repartait de zéro, ajoute le Dr Guez. Par ailleurs, on retrouve de nombreuses pathologies cardiaques chez les hyper sportifs. Les gens, aujourd’hui, sont devenus obsédés par le sport et parfois, ils en abusent. Alors qu’un sport modéré dans un bon environnement, avec une bonne technique… il n’y a pas mieux pour améliorer son existence ». Attention, ne pas bouger est tout aussi nocif. « Je préfère une personne en surpoids modérée qui pratique, plutôt que quelqu’un de mince mais sédentaire », poursuit le praticien.

Exit les régimes, on mange de tout et on se fait plaisir !

« J’ai toujours été contre les régimes draconiens. L’idée est de trouver le juste milieu, préconise le docteur. Identifiez les aliments qui vous posent problème et tentez de les diminuer. Aujourd’hui, nous avons trop tendance à aller dans les extrêmes. Je préfère dire à mes patients de manger de tout, en évitant les aliments transformés. Quant aux produits portant la mention ‘sans sucre’ ou ‘sans graisse’, ils sont aussi mauvais que les autres ».

« Le verre de vin rouge est bon pour le cœur » : info ou intox ?

Si les alcools forts sont à bannir pour les personnes manifestant des pathologies cardiaques, ne nous privons pas de notre verre de vin rouge. « Le rouge contient des composants protecteurs et bons pour la paroi artérielle, affirme le Dr Guez. A condition de modérer sa consommation à un verre quotidien, le vin rouge est plutôt bénéfique ». Si une étude récente est venue contredire récemment cette théorie, elle s’est révélée biaisée et peu fiable d’après les sociétés de cardiologie. Le verre de vin rouge quotidien est toujours bon pour notre cœur (à condition de se limiter à un verre ou deux  évidemment) ! ».

A lire pour aller plus loin

Comment ne pas avoir une crise cardiaque, Dr Fabien Guez, éd. Hugo-Doc

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