Cancer du sein : où en est la recherche?

. 3 minute lire

Les 31 prochains jours vont mettre à l’honneur la lutte contre le cancer du sein avec la 25ème édition d’Octobre Rose en France. Avec plus de 54.000 nouveaux cas chaque année, le cancer du sein reste le plus répandu des cancers féminins. Pour y faire face, campagnes de sensibilisation et de prévention, dépistage précoce, avancées technologiques et thérapeutiques sont au rendez-vous. On fait le point.

L’incidence du cancer du sein avait doublé entre 1980 et 2005, mais depuis, il semblerait que nous connaissions une phase de stabilisation. La mortalité quant à elle, n’a pas augmenté depuis les années 80. C’est le résultat d’énormes progrès effectués tant au niveau du dépistage que de celui de la prise en charge de la maladie. Néanmoins, de nombreuses voies prometteuses sont encore en phase d'exploration. La recherche en oncologie est très active. Elle s'intéresse à mieux soigner, mieux comprendre et détecter.

C’est quoi Octobre Rose ?  

Une campagne annuelle de sensibilisation et de prévention sur le cancer du sein au niveau mondial. Elle a vu le jour au début des années 90 aux États-Unis à l’initiative d’Evelyn Lauder – icône du monde des cosmétiques – elle-même atteinte de la maladie. C’est en 1994 que l’association « Le cancer du sein, Parlons-en ! » voit le jour en France. Son combat : informer, communiquer, partager, vaincre. Encore responsable de plus de 11.000 décès par an, lutter contre le cancer du sein est un véritable enjeu de santé publique. Par l’organisation de conférences, soirées, marches, courses à pied et relais sur les réseaux sociaux, Octobre Rose a une visée éducative capitale et promeut le dépistage à grande échelle.

Quels sont les facteurs de risque ?

Le cancer du sein est une maladie multifactorielle. Sa survenue repose sur une combinaison de facteurs environnementaux et génétiques. Grâce à la recherche, on a identifié les principaux responsables même si des incertitudes quant à l’implication et le poids de certains d’entre eux subsistent. Outre le sexe (le cancer du sein touche les femmes dans plus de 99 % des cas), les facteurs de risques majeurs sont l’âge (avec un risque maximal entre 65 et 74 ans), les antécédents médicaux personnels et familiaux, et enfin les prédispositions génétiques.  Des facteurs secondaires ont aussi été pointés du doigt comme les traitements hormonaux de la ménopause, la consommation d’alcool et de tabac, le surpoids et l’absence d’activité physique.

La recherche contre le cancer du sein aujourd’hui

Chaque année de nouveaux gènes impliqués dans le cancer du sein sont découverts. Une façon de mieux traiter voire de prévenir la maladie se dessine. Des chercheurs ont en effet découvert deux gènes (BRCA1 et BRCA2) impliqués dans des formes familiales de cancer du sein. Ils sont associés à un risque élevé de ce type de cancer. Leur identification permet un suivi renforcé des femmes à risques (rappelez-vous du cas d’Angelina Jolie). Quoi qu’il en soit, dans tous les types de cancers, un diagnostic et une prise en charge précoces signifient meilleure chance de survie et traitements moins lourds. C’est pourquoi un pan entier de la recherche se consacre à l’aspect « dépistage » avec le développement de nouveaux outils diagnostic et le perfectionnement de techniques d'imagerie dans le but de repérer des tumeurs de plus en plus petites. De même, une optimisation des traitements est en cours avec une recherche en hormonothérapie et en chimiothérapie qui se penche sur des médicaments toujours plus efficaces avec moins d’effets secondaires. Enfin, les essais cliniques restent un moyen concret d’accéder aux avancées de la recherche. La liste des essais thérapeutiques est à consulter sur le site de l’Institut national du cancer (INCa). Tout patient peut demander à en intégrer un, sous réserve d'éligibilité.

Et demain ?  

La médecine de précision et les thérapies ciblées ont le vent en poupe. Les pistes de recherche se concentrent sur plusieurs grands axes. Bloquer la croissance des cellules cancéreuses, asphyxier la tumeur en réduisant son apport sanguin et renforcer le système immunitaire par le biais de l’immunothérapie sont des pistes aujourd’hui à l’étude…

Plus d'informations sur e-cancer.fr et l'Institut National du Cancer

A lire aussi : Cancer du col de l’utérus : se faire dépister à temps peut tout changer