Cancer du col de l’utérus : se faire dépister à temps peut tout changer

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En France, 40% des femmes ne se font pas dépister pour le cancer du col de l’utérus. Constat préoccupant puisque ce cancer provoque 1 100 décès chaque année. Pourtant, en traitant les premières lésions à temps, la maladie peut être évitée 9 fois sur 10. Faisons le point sur le virus et adoptons les bons réflexes.

Comment se développe ce cancer ?

Le cancer du col de l'utérus résulte d'une infection virale, transmise par voie sexuelle, due à des papillomavirus humains (HPV). Si les préservatifs protègent des maladies sexuellement transmissibles, ils ne permettent pas de lutter contre les HPV. D'après le Professeur Philippe Descamps*, obstétricien, cette infection évolue sans bruit, sur la muqueuse du col de l'utérus, pendant plusieurs années. Lorsque les premiers signes apparaissent (saignement vaginal entre les règles ou lors des rapports sexuels), le cancer se trouve déjà à un stade avancé. Heureusement, des mesures de protections permettent de se prémunir de cette maladie.

Qui est concerné par le cancer du col de l'utérus ?

En France, chaque année, ce virus touche 3000 femmes et entraîne la mort de 1 092 d'entre elles. Le cancer du col de l'utérus est le deuxième cancer le plus fréquent au monde chez les femmes, après le cancer du sein. De 25 à 65 ans, le frottis est fortement préconisé. Ce dépistage s'adresse à toutes les femmes, même après plusieurs années sans rapport sexuel. Après la ménopause, peu de femmes se font dépister en France. Pourtant, le risque de contracter un cancer du col de l'utérus existe jusqu'à 65 ans. Avant 25 ans, il est inutile de réaliser le frottis.

Comment l'éviter ?

Pour éviter de développer le cancer du col de l'utérus, les jeunes filles sont invitées à se faire vacciner contre le HPV avant l'âge des premiers rapports sexuels (de 11 à 15 ans). Pour celles ayant raté l'échéance, un « rattrapage » est proposé jusqu'à 20 ans. Autre moyen de prévention : le frottis cervico-utérin. Recommandé dès 25 ans, ce dépistage consiste à prélever des cellules au niveau du col, afin de détecter les éventuelles lésions précancéreuses. Indolore, ce dispositif permet de traiter la pathologie avant qu'elle ne se transforme en cancer. Cet examen est préconisé tous les trois ans. Ainsi, chaque année en France, ce dépistage décèle 31 000 lésions précancéreuses ou cancéreuses, et permet d'éviter le pire dans 90% des cas.

Un dépistage qui se généralise

Dans le cadre du Plan cancer 2014-2019, un programme national de dépistage organisé a été instauré. L'expérience a été menée durant trois ans, à travers 13 départements français. Ce protocole a incité de nombreuses femmes à effectuer un frottis et a permis de dépister de nombreuses lésions. Objectifs atteints : la participation au dépistage a dépassé les 70% dans certaines régions, notamment en Alsace et en Isère. L'incidence du cancer du col de l'utérus a pu être réduite de 13 à 26 % selon les départements. Résultats non négligeables ! Ainsi, l'Agence Santé publique- France a souhaité mettre en place une généralisation du dépistage.  Le cancer du col de l'utérus étant l'un des seuls cancers dont le pronostic vital se dégrade en France, le dépistage généralisé s'impose. En mai dernier, le ministère de la santé a confirmé que le dépistage régulier du cancer du col de l’utérus serait entièrement remboursé par la Sécurité Sociale, et sera généralisé en France.

Plus d'informations sur e-cancer.fr et l'Institut National du Cancer

*Professeur Philippe Descamps, gynécologue-obstétricien et chef du Pôle femme-mère-enfant au CHU d'Angers, auteur de « Docteur, j'ai encore une question... » éd. Larousse.