Burn out : «Comment l’hypno thérapie m’a sauvée»

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Aujourd’hui, les burn out, ou syndromes d’épuisement liés au travail, se multiplient. Beaucoup le considèrent comme un « mal professionnel ». Pourtant, ils peuvent aussi toucher les adolescents. Victoire, âgée de 21 ans aujourd’hui, nous raconte son histoire.

« J’ai fait un burn out quand j’étais au lycée. J’avais 16 ans. Il m’aura fallu 2 ans avant de me sentir pleinement remise », nous confie Victoire, une étudiante en marketing, âgée de 21 ans à présent. Un burn out est une déconnexion entre le corps et l’esprit. Herbert Freudenberger, premier psychanalyse à décrire le burn out, le compare à « un incendie, dont seraient victimes les individus. Leurs ressources internes en viennent à se consumer comme sous les flammes, ne laissant qu’un vide immense à l’intérieur ». Pour Victoire, son mal-être aura été aussi physique que mental. « Je n’avais plus aucune pensée positive, j’étais fatiguée et amaigrie. De 45 kg, je suis passée à 39 kg (pour 1m58, ndlr) », nous décrit-elle. Si aujourd’hui, cette épreuve est derrière elle, Victoire doit admettre qu’elle n’aurait pu s’en sortir sans l’aide de son hypno thérapeute. Elle nous parle de son histoire, des premiers symptômes à la guérison.

«Les professeurs me disaient que je ne réussirais rien dans ma vie»

« Dans mon lycée, la compétition était relativement rude. Il y avait de grosses exigences en termes de résultats. L’idée était de pousser les adolescents à s’orienter vers des classes prépa », explique Victoire, scolarisée dans cet établissement depuis son plus jeune âge. La jeune fille devait subir la dureté de ses professeurs au quotidien et un stress permanent et démesuré pour une vie de lycéenne. « Les maths étaient importantes dans mon école. Je n’étais pas très forte dans cette matière, alors on me faisait comprendre que j’étais la dernière. On exposait les résultats de chacun aux yeux de tous. C’était très dur. Le moindre devoir était source d’angoisse, se remémore Victoire. 'Que va-t-on faire de toi? Tu n'auras jamais ton bac, tu n'arriveras à rien', me rappelaient régulièrement mes enseignants ». Selon la jeune étudiante, c’est cette pression qui l’aura conduit droit au burn out. Ses premiers symptômes sont survenus un an avant le burn out : « j’étais constamment fatiguée et je perdais beaucoup de poids, je n’arrivais plus à manger. Mon quotidien est devenu insupportable et dénué de sens ».

« Je regardais les gens en marchant dans la rue, et j’enviais celui qui balayait »

Si Victoire admet avoir été entourée par un groupe d’amis, chaque jour de classe devenait une épreuve. « J’avais envie de tout faire, sauf aller à l’école. Sur le chemin du lycée, je regardais les gens dans la rue. J’enviais même celui qui balayait le sol. Je me disais que je préfèrerais être à sa place plutôt que vivre ma vie », confie Victoire. C’est le début de l’engrenage pour la jeune lycéenne qui fatiguait de plus en plus, tout en mincissant davantage. Scolarisée en 1ère ES, l’adolescente était victime de crises de panique. « J’étais comme au bord de la crise cardiaque, je n’arrivais plus à respirer. Puis un jour, j’ai fini par craquer. Il m’était impossible de me lever le matin. Plus rien ne comptait, j’étais à bout ». Victoire, qui nous affirme avoir toujours aimé dessiner et regarder des séries, n’avait plus aucune envie, ni projection future. « C’est comme un blackout du cerveau. Un individu à peu près normal pense à plein de choses dans la journée. Lorsqu’on fait un burn out, c’est le néant. On ne pense plus », se souvient l’adolescente.

« L’hypno thérapie était mon dernier recours »

Victoire a réalisé faire un burn out grâce au diagnostic de son médecin généraliste. « En 2013, le burn out n’était pas encore médiatisé, on n’en parlait pas autant. Donc mes parents ne l’avaient pas décelé », explique la jeune fille. Le professionnel, qui a immédiatement saisi l’ampleur de son état, a préconisé à Victoire d’arrêter les cours durant 2 mois. « Pendant ce temps, je suivais un peu le programme par l’intermédiaire d’amis qui venaient m’apporter les devoirs. Mon médecin m’a orienté vers une psychologue, mais mon état ne s’améliorait pas, se souvient Victoire. C’est l’hypno thérapie qui m’a sauvé. Lorsque ma mère a entendu parler d’un praticien, il est apparu comme mon dernier recours. C’était un homme très compétent et je ne le remercierai jamais assez ! J’ai senti une amélioration dès les premières séances ». En hypnose, le professionnel réactive le cerveau. « Via des connexions neurologiques, il m’a permis de changer cette image mentale que j’avais de moi-même. Il m’a aidé à me sentir bien à nouveau et à retourner en classe ». Grâce à des exercices mentaux, l’adolescente se sentait renaître, et s’estime aujourd’hui plus forte. « Il m’a préconisé de cesser de vouloir rentrer dans une norme dans laquelle je ne rentrerais jamais. Si j’avais du mal à m’alimenter, il me disait d’y aller petit à petit »

« Je n’écoute plus l’avis des autres. Je suis ma propre boussole »

Cinq ans après son burn out, Victoire se rappelle du soutien que lui ont apporté ses parents. « Ils me suivaient beaucoup, ils étaient très inquiets. Ma mère ne voulait pas me laisser seule. Il lui arrivait de prendre des jours de congé pour rester à mes côtés et mon père aussi. Ils ne m’ont jamais fait de reproches, ils ont juste essayé de comprendre », explique la jeune fille. Si ces parents ont été compréhensifs, ce n’était pas le cas de tous ces professeurs. « Ma professeur principale me rabaissait constamment à coup de remarques dévalorisantes et jugements au quotidien », ajoute Victoire. Mais en poursuivant les séances d’hypno thérapie jusqu’à la fin de la Terminal, la lycéenne a repris goût à la vie. Après avoir obtenu son baccalauréat avec 15 de moyenne, elle avait retrouvé des envies et des projets. « Là encore, l’hypno thérapie m’a permis de me remettre des objectifs en tête. Je sais maintenant ce que je veux et je n’écoute plus l’avis des autres. Je suis ma propre boussole, conclu Victoire, désormais étudiante en Master, dans un cursus marketing. Aujourd’hui, je vais bien. Je ne souhaite le burn out à personne, mais après avoir surmonté cette épreuve, je me rends compte que je suis plus armée que la moyenne des gens. Je gère mieux mon stress dorénavant ».