Attentats du 13 novembre: l’ampleur des séquelles traumatiques mesurée 3 ans après

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Trois ans se sont écoulés depuis l’attentat du 13 novembre 2015, survenu au Bataclan à Paris. Bilan du drame ? 130 morts, plus de 680 blessés et des milliers de vies brisées. Trois ans après, Santé Publique France dresse un état des lieux des séquelles traumatiques liées à l’attaque terroriste.

Le 13 novembre 2015 restera dans toutes les mémoires. Les attaques terroristes survenues au Bataclan ont causé la mort de 130 personnes et endeuillé la France entière. Trois ans après, et pour la première fois, Santé Publique France mesure l’ampleur des impacts psychologiques et des troubles de santé post-traumatiques que cet attentat aura générer auprès des rescapés, leurs proches et l’ensemble de la société française. Pour Santé Publique France, l’objectif à travers cette enquête est de « sensibiliser les professionnels de santé aux conséquences du psycho-traumatisme pour une prise en charge précoce ». En effet, un attentat terroriste aura des répercussions sur la santé mentale, les relations sociales et la qualité de vie de la population qui y est exposée. L’état de stress post-traumatique en est une des conséquences. Dans cette enquête, ont été pris en compte : les otages, blessés et personnes directement menacées sur les lieux de l’attaque, les témoins présents qui n’ont pas été menacés directement, les témoins à proximité et enfin les proches des victimes.

53 % des personnes menacées souffrent d’un stress post-traumatique

Même pourcentage pour les personnes endeuillées, ayant perdu un proche durant l’attentat. Plus de la moitié des individus exposés et directement menacés souffrent d’un stress post-traumatique. Cette séquelle va se manifester par des cauchemars, des insomnies, altérations de l’humeur, ou angoisses qui viendront altérer la vie quotidienne. Quant à la dépression, elle touche plus de 36 % des victimes de l’attaque aujourd’hui. Autre séquelle mise en lumière par Santé Publique France : l’augmentation de consommation de substances psychoactives, à savoir l’alcool, le cannabis et les médicaments, qui concerne une personne sur deux suite à l’attentat terroriste. Et surtout, 9 personnes sur 10 (parmi les personnes directement menacées) déclarent souffrir de troubles physiques « dont l’aggravation et l’apparition sont liées aux attentats ».

67 % des victimes ne sont pas suivies

Si la grandes majorité des victimes, témoins et proches confirment subir des séquelles post-traumatiques, ils sont peu nombreux à se faire suivre par un médecin ou psychologue. Plus de la moitié déclare « ne pas avoir engagé de traitement régulier avec un psychologue ». Les raisons invoquées ? « Pas besoin » pour 20 % des sondés. Pour un quart des personnes, aucune thérapie ou suivi ne leur a été proposé, semble-t-il. Et cette proportion est plus importante pour les témoins et les personnes endeuillées que pour les victimes directes. « Absence de besoin à suivre une thérapie, manque de légitimité selon eux, des difficultés d’accès aux soins ou le sentiment que ce n’était pas le bon moment… », les raisons sont multiples. Par cette enquête, Santé Publique France, veut démontrer l’impact important des attentats et surtout, l’intérêt d’élargir l’accès aux soins.

Les professionnels de la santé et forces de l’ordre, pas épargnés non plus

Professionnels de santé, sapeurs-pompiers, forces de police, personnel de la ville de Paris…Tous ont donné de leur personne pour tenter de « réparer les dégâts » et surtout d’apaiser les esprits après cette nuit meurtrière. Aujourd’hui, ils sont 5 % à déclarer subir un stress post-traumatique. Enfin 14 % des intervenants impliqués dans la prise en charge des victimes souffrent aujourd’hui d’un trouble anxieux.