Apnée du sommeil : dormir à en avoir le souffle coupé

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L’apnée du sommeil est un trouble de la ventilation nocturne dû à la survenue anormalement fréquente de pauses respiratoires. Si elle concerne en grande partie les personnes de plus de 65 ans, elle peut aussi toucher les plus jeunes. Certains signes doivent vous alerter.

« En France, le syndrome touche 4 % de la population », prévient l’Assurance Maladie. L’apnée du sommeil, appelé aussi syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS), se caractérise par la survenue d’épisodes anormalement fréquents d’interruptions (apnées) ou de réduction (hypopnées) de la respiration durant le sommeil. Ces pauses de respiration peuvent durer entre 10 et 30 seconde, voire davantage, et surviennent au moins 5 fois par heure de sommeil. Les apnées du sommeil peuvent se répéter une centaine de fois par nuit. La cause ? Les obstructions répétées complètes ou partielles des conduits respiratoires de l’arrière-gorge se manifestant au cours du sommeil.

Comment savoir si on souffre d’apnée du sommeil ?

Le syndrome est souvent associé à un important ronflement nocturne, avec pour conséquence un sommeil très perturbé, saccadé et de mauvaise qualité. En effet, l’interruption de la respiration provoque un manque en oxygène. Le cerveau intervient et viendra éveiller la personne afin qu’elle reprenne sa respiration. En principe, ces éveils sont de très courte durée. La personne n’en a pas conscience la plupart du temps.

L’apnée du sommeil, a-t-elle des conséquences graves ?

Ce syndrome viendra, dans un premier temps, impacter la vie quotidienne des personnes. Ces dernières auront tendance à subir des épisodes de somnolence dans la journée ainsi que des endormissements incontrôlables. Cela peut entraver la capacité de concentration des patients allant jusqu’à générer des troubles de la mémoire et de l’humeur. Un sommeil de mauvaise qualité empêche les individus d’être efficaces au travail. De plus, en raison de la baisse de concentration, le taux d’accidents de voiture et d’accident du travail se trouve plus élevé chez les personnes présentant une apnée du sommeil. A long terme, ce syndrome augmente la mortalité et particulièrement celle de cause cardiovasculaire.

Quels sont les facteurs de risque ?

Le surpoids est le facteur le plus important : il entraîne des dépôts de graisse dans l’arrière-gorge, ce qui va bloquer les conduits respiratoires. L’âge va aussi influer puisque, selon les chiffres de l’Assurance Maladie, 30 % des personnes de plus de 65 ans sont concernées. A savoir que les hommes sont deux fois plus touchés que les femmes. L’apnée du sommeil peut aussi être conséquence d’antécédents ORL (ortho-rhino-laryngologique). Enfin, la prise de sédatifs, d’alcool, ou encore le tabac vont aggraver les symptômes.

Comment traiter l’apnée du sommeil ?

Des solutions existent pour lutter contre l’apnée du sommeil. Dans un premier temps, il peut s’agir d’un régime visant à faire perdre du poids à la personne (si surpoids il y a). Il peut aussi être conseillé aux patients de changer leur position de sommeil : en cas d’apnée du sommeil modérée, le fait de dormir sur le côté, et non sur le dos, peut réduire le nombre d’interruption durant la nuit. Si cette solution ne suffit pas, consultez votre médecin traitant. D’autres dispositifs existent. On pense à la ventilation nocturne notamment, qui consiste à envoyer de l’air dans les voies respiratoires des patients durant la nuit.

Attention, les enfants aussi concernés !

Si l’apnée du sommeil est plus répandue chez les patients plus mûrs, elle peut aussi survenir chez les plus jeunes. Récemment, une maman américaine alertait les parents via Facebook à ce sujet. Suite à cela, une tribune publiée par des médecins au sein du journal Le Monde allait dans le même sens. « Les enfants ne doivent pas respirer par la bouche ! Ni lorsqu’ils sont endormis, ni lorsqu’ils sont éveillés », affirment-ils. Aujourd’hui, 2 à 5 % des enfants sont atteints d’apnée du sommeil, et selon les spécialistes, cela peut avoir de lourdes conséquences sur leur santé et leur vie quotidienne si ce n’est pas diagnostiqué à temps. Selon Nicolas Leboulanger, ORL et chirurgien cervico-faciale pédiatrique à l’hôpital Necker de Paris, « la personne qui vit cette apnée n’en a pas forcément conscience, mais celle-ci brisent le sommeil. Il ne sera donc pas réparateur et aura des conséquences importantes chez l’enfant qui est en développement ». Des troubles de l’apprentissage et du comportement, et dans certains cas plus graves des troubles de développement peuvent survenir. L’apnée du sommeil peut apparaître dès 18 mois.

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