Abstinence sexuelle : les véritables conséquences

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Publicités, internet, littérature médicale : les vertus de la sexualité sur la santé générale sont légion. « La santé sexuelle est un état de bien-être physique, mental et social dans le domaine de la sexualité (…) » d’après l’OMS qui souligne elle aussi l’importance d’une pratique épanouie. Très bien, mais alors quelles sont les conséquences de l’abstinence ? Petit tour d’horizon.  

S’adonner aux galipettes est une activité des plus naturelles chez l’homme et dont le but initial est la reproduction. A quoi s’ajoute évidemment la notion de plaisir. Ceci dit, la privation sexuelle peut résulter de causes multiples et répondre à des motivations sociales, médicales, religieuses ou encore idéologiques. L’abstinence peut être volontaire ou subie, temporaire ou définitive. Si les lois du désir dominent, pour certains d’entre nous le sexe n’est pas une fin en soi.

Un système immunitaire en berne

En effet, le sexe joue un rôle dans l’immunité. Plusieurs études ont établi que les endorphines produites durant l’acte sexuel stimulaient les cellules de notre système immunitaire. Les individus ayant des rapports réguliers (de l’ordre de 1 à 2 par semaine) affichent un taux d’immunoglobulines A plus élevé que les abstinents. Cette variété de protéines constitue des anticorps en charge de lutter contre les petites infections. La sexualité booste donc naturellement notre système immunitaire ! Si vous tombez plus souvent malade depuis que vous avez mis le sexe de côté, cela pourrait bien venir de là… L’abstinence nous exposerait plus facilement aux virus et bactéries environnants. Optez pour un plan B afin de renforcer vos défenses autrement (alimentation, cure de vitamine D…).

Un niveau de stress qui plafonne

Vous avez peut-être déjà remarqué que vous étiez plus facilement sur les nerfs lorsque les câlins se raréfient ? On le sait, l’activité physique détend. Elle entraîne une diminution des hormones du stress, une baisse de la pression artérielle et de la fréquence cardiaque au repos. Sachez donc que les galipettes ne font pas exception à la règle. En fonction de votre enthousiasme, elles pourraient même brûler jusqu’à 200 calories ! Dans un communiqué de presse du mois de Juillet 2018, la Fédération Française de Cardiologie rappelle notamment que « le rapport sexuel a des vertus anti-stress et anti-déprime grâce à la libération d’une multitude d’hormones (sérotonine, dopamine et endorphine) durant l’orgasme ». Un cocktail ultra relaxant ! A contrario, l’abstinence sexuelle pourrait donc être associée à une augmentation du niveau de stress. A vous de trouver une autre activité physique pour faire redescendre la pression…

L’estime de soi peut parfois dégringoler

Il peut être particulièrement difficile de supporter une solitude affective et sexuelle que l’on n’a pas désirée. Perte d’estime de soi et manque de relations sociales sont des effets secondaires fréquents. A force de se sentir moins attirant et moins séduisant, les doutes s’installent. Le regard des autres et leurs éventuels jugements sur ce « célibat prolongé » ne font qu’accroître ce sentiment de perdre le contrôle. Il est donc fondamental de garder le contact avec son corps et de continuer à l’aimer durant ces périodes d’anorexie sexuelle. Pratiquez du sport ou offrez-vous des massages…

Une frustration qui emprisonne ?

Pour le psychologue Michel Fitremann, "la frustration sexuelle peut mener à des symptômes psychosomatiques. Physiquement, la maladie se fixe sur les organes qui ne servent pas, comme l’utérus chez la femme. Psychologiquement, se développent une irritabilité, une exigence, une susceptibilité, qui rendent plus difficile la rencontre avec l’autre. Plus l’abstinence dure, plus la “remise en route” sera longue, plus elle nécessitera de patience. " Mais rassurez-vous, les gestes se retrouvent assez naturellement lorsque le désir prend le pas sur la peur. Le sexe, c’est comme le vélo : ça ne s’oublie pas !

La question centrale semble donc être celle de la frustration. En matière de sexualité, ne pose véritablement problème que ce qui induit de la souffrance. Si un couple qui fonctionne sans sexe est heureux et équilibré, l’abstinence ne revêt aucun caractère de gravité. Vivre sans amour serait bien plus difficile…

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