5 questions qu’on n’ose pas poser à son médecin

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« Docteur, j’ai une amie qui suce encore son pouce à 22 ans », « Docteur, j’ai un ami qui perd les urines au moindre fou rire », ou encore « Docteur, j’ai un ami qui souffre de tics »… On l’avoue, on s’est tous déjà caché derrière cet ami imaginaire lorsque certains symptômes nous embarrassent. En voici un aperçu.

Rien ne sert de nier davantage. Cet « ami », c’est vous, c’est moi, c’est nous tous ! Notre premier réflexe ? Se river sur nos moteurs de recherches qui regorgent d’articles, témoignages et forum évoquant tous les sujets. Or, les propos sur Internet sont souvent dramatisés, voire inexactes. Le lecteur panique alors davantage. La gêne ressentie face à certains symptômes est pourtant si grande qu’en parler à son médecin reste une épreuve insurmontable. Dans son livre Docteur, j’ai un ami qui... (éd. Larousse), Mélanie Morin, chroniqueuse santé, recense toutes les questions et symptômes qui ont pu vous embarrasser. Généraliste, gynécologue, psychologue…Elle les a tous sollicités afin de leur poser vos questions inavouables et de vous livrer des réponses. Attention toutefois, cet article se veut informatif, il ne remplace en aucun cas une consultation médicale.

Docteur, j’ai un ami qui … bave beaucoup !

Vous riez ou prononcez une phrase…et déjà un filet de bave s’accumule à la commissure de vos lèvres. Plutôt mourir que l’avouer à son médecin. D’ailleurs, vous ne savez même pas qui consulter ! « Tout part en réalité de notre cerveau, confie Mélanie Morin. Au moment des repas notamment, il ordonne aux glandes salivaires d’augmenter leur production. Grâce à la mastication, les aliments se retrouvent imbibés de salive et la digestion en est facilitée. Six glandes salivaires mènent à bien cette mission. Gardez en tête que la salive est toujours présente quand on a besoin d’elle ». Mais si cette dernière devient envahissante, il convient alors de consulter un dentiste. Ce dernier va vérifier si une infection buccale est à l’origine de cet excès. Par ailleurs, si vous êtes une femme, demandez-vous si vous n’êtes pas enceinte. « La grossesse a tendance à augmenter la sécrétion de salive, ajoute l’auteure. Dans la majorité des cas, il s’agit d’une manifestation bénigne. Mais il ne faut en aucun cas négliger ce symptôme. S’il se produit sans cause identifiée et s’il s’avère durable, raison de plus pour consulter ».

Suis-je normale … Tout en bas ?

Les femmes se posent un tas de questions sur elles-mêmes. Leurs parties génitales ne font pas exception à la règle, si l’on en croit Jeanne A. Conry, médecin, coprésidente de la National Preconception Health and Health Care Initiative. « Les femmes se demandent souvent si elles sont ‘normales’ – leurs lèvres sont-elles trop grosses, trop petites, différentes ? Elles ne comprennent pas qu’il existe une très grande variation anatomique de leur corps en dehors du poids, de la couleur de leurs yeux ou de celle de leurs cheveux. Nos parties génitales sont tout aussi sujettes à la variation, et il n’y a pas ici de bon, de mauvais ou d’anormal. Je leur parle souvent du ‘Great Wall of Vagina’, un site qui montre un tas d’images de différents vagins, afin qu’elles comprennent que cette fluctuation est tout à fait saine et normale ! », a partagé la praticienne.

Docteur, j’ai un ami qui a … des tics !

Il cligne des paupières à tout-va ou se mord constamment les lèvres, sans oublier son rictus relevant le coin gauche de sa bouche toutes les 10 secondes. Notre ami est servi ! « On a souvent en tête l’image de manifestations incontrôlées. Les tics semblent s’atténuer quand on est calme et concentré. Mais s’ils sont dits nerveux, c’est souvent parce qu’ils surviennent si la personne est en proie à une émotion forte, partage Mélanie Morin. Parce qu’ils sont liés à une forme d’anxiété et induisent la répétition de geste ». S’ils perdurent, il convient de consulter votre généraliste. Ce dernier vous orientera vers un psychologue, ou neurologue, ou autre professionnel qu’il juge approprié pour traiter la pathologie.

Pourquoi je perds les urines quand j’éternue ?

A première vue, il est possible que vous souffriez d’incontinence urinaire. Si ce n’est généralement pas très grave, ce trouble peut sérieusement affecter votre qualité de vie. « L’incontinence urinaire n’est pas normale, partage le Dr Gerardo Bustillo, gynécologue-obstétricien. Elle est, la plupart du temps, provoquée par une vessie hyperactive ou des changements anatomique qu’on l’on peut corriger ».

Docteur, j’ai une amie qui a une odeur … vous savez où !

« Un vagin en santé et propre a une odeur et un goût qui ne devraient pas être désagréable, précise encore le Dr Bustillo. Si vous, ou votre partenaire, notez une odeur nauséabonde, consultez un gynécologue afin qu’il écarte toute possibilité d’infection. Ce que vous mangez (ail, oignons, choux de Bruxelles, asperge) peut également altérer l’odeur de votre vagin. Tout comme la cigarette, l’alcool et la caféine ».